23, 24 et 25 mai 2008 : Corsica Historic Rally

Dans le programme de cette année 2008, nous avons décidé de sortir du cadre traditionnel des rallies que nous disputons habituellement, et nous avons jeté notre dévolu sur l'Ile de Beauté, où va se dérouler le Corsica Historic Rally, essentiellement entre Ajaccio et Porto. C'est un mini Tour de Corse, parfait pour le dépaysement, pour le kilométrage et la résistance de nos autos, vu nos moyens d'assistance limités. Il n'est, en effet, pas toujours facile de trouver des copains, un tant soit peu mécanos, disponibles au moment des épreuves. Il faut souvent que, comme les copilotes, ils puissent négocier leur temps libre avec leurs employeurs, y compris les fins de semaine, en fonction des métiers qu'ils pratiquent, mais aussi de leur vie de famille. A l'occasion de cette épreuve, nous allons bénéficier d'un renfort ...de poids... en la personne de Jean-Marc Franza ! Tailleur de pierres de son état, ancien motard en Enduro, donc expérimenté en mécanique et en "système D", il nous rejoint sur la foi des déclarations des "escrocs du Midi". Ceux-ci lui ont certifié qu'il n'aurait probablement pas grand chose à faire, alléguant que "nos caisses sont hyper-fiables, impeccablement préparées avant les courses, et costaudes comme des dockers du Havre !". Je m'aperçois qu'il est aussi naïf que moi, puisque leur boniment l'ont convaincu, persuadé qu'il est de profiter de quelques jours de bronzette. Je ne suis, par conséquent, pas le seul crédule de la bande... Je me sens d'un coup moins seul, et croyez-moi, le Jean -Marc, IL VA SE RAPPELER DE SES DEBUTS dans notre bande de fous ! Suivez bien , ça vaut son pesant de cacahuètes !

Comme d'habitude, la BM sort de chez Massot : révision complète, réparation du faisceau électrique ayant provoqué notre abandon au Grasse-Alpin, achat de jantes laissant passer les étriers de freins... et recherche du pourquoi du comment des coupures-moteur survenues au précédent rallye. Massot, qui ne me connaît pas encore très bien, se demande visiblement si je ne serais pas le genre de pilote hypocondriaque qui voit des pannes partout. (Pour l'instant, en effet, le moteur tourne parfaitement rond, et il n'y a rien de plus difficile que de rechercher la cause d'un problème lorsqu'une voiture n'est PAS en panne)... Oh non, je n'ai VRAIMENT pas besoin de m'en inventer ! Toujours est-il qu'il m'a écouté d'une oreille peu convaincue. Il a fait plusieurs essais sur route : rien n'est arrivé. La BM tourne rond, et j'ai moi aussi mené un essai. Rien. Tout va bien. Dans ces conditions, chargement, descente dans le Midi, avec la remorque - à double essieu ! - que j'ai eu la bonne idée de racheter au loueur, et embarquement sur ferry, à Toulon, dans la bonne humeur, avec Nathalie et Olivier. Nous rejoindrons les autres en Corse, car ils ont pris le Ferry à Nice. Leur traversée aura suffi à Christian et Anne pour élaborer leur stratégie de course, et à Laurent et Pascal pour débarquer complètement "torchés" au Campari ! Chacun sa manière !

Nous allons passer la semaine entière autour d'Ajaccio : il s'agit d'un gros rallye sur trois jours, comprenant 11 épreuves spéciales, et aucun d'entre nous n'a déjà couru ici. N'ayant pas l'intention de faire de la figuration, et devant suivre les jours imposés par l'organisation, nous allons soigner les reconnaissances pour pallier à notre méconnaissance des routes. Ca nous permettra aussi de nous mettre dans l'ambiance locale, avec nombre de bestioles diverses sur les routes, panneaux routiers criblés de plombs de chasse (mais il y a tout de même UN radar en état de marche à la sortie d'Ajaccio !), et... découverte de la charcuterie et du fromage corse (on n'aurait pas dû prendre de l'avance...)

Nathalie, de son côté, managère morale de la troupe-préparatrice de sandwiches-camerawoman (et, par la suite, webmaster !) entend profiter de son temps libre pendant qu'on lime les routes, pour visiter, faire des photos et du film,  et aller à la plage.... Mwouais .... 'Y a qu'un p'tit problème :  on a trouvé le moyen d'arriver en Corse par temps froid et pluvieux ! (On croyait que ça n'existait pas, là-bas.... Et on est en mai)... Et ça dure plusieurs jours ! La plage, on n'en parle plus. Les photos, moins sympas... et les musées en grève, imitant en cela Postes, Transports Maritimes et Pompiers ! - Le rallye a failli être annulé pour ces raisons - Il ne lui restera que le shopping. On lui louera quand même une voiture deux jours, pour qu'elle puisse voir autre chose qu' "AYATCH ".

Nous allons disputer une épreuve entièrement dédiée aux "anciennes". Le plateau est magnifique et plantureux : 75 engagées en VHC (c'est à dire vitesse pure) et 50 en VHRS (régularité sportive), soit plus de 120 autos réunies sur la Place Centrale d'Ajaccio : ça a de la gueule ! On se croirait revenus dans les années 70, puisque aucune auto moderne n'est présente. De notre côté, nous sommes en force : les deux Alfas et la BM seront accompagnées par les Lancia Beta Coupé des amis Camille Bogliari (mon sauveur du Provence-Méd.) et de Carlos Fiuza. Le 1er engagé en VHC, l'autre en VHRS. Sur l'ensemble des deux plateaux, on croise des autos rares, superbement présentées : NSU 1000 TT, Renault 17 Gordini, Citroen GS... cotoient Lancia Stratos gr 4 ou Alfa GTAM .

Encore plus curieux : des autos du mythique "groupe B" (années 80) sont au départ. Il faut savoir qu'elles ont été interdites de course en 1987, car devenues trop dangereuses. Leur évolution, trop rapide, et entretenue par la guerre que se livraient les constructeurs - Peugeot, Lancia, Audi, principalement - avait donné naissance à des monstres de plus de 500 chevaux, pour un poids inférieur à la tonne et 4 roues motrices! Ces fabuleuses autos avaient généré un engouement sans précédent auprès du public, quelle que soit l'épreuve du Championnat du Monde qu'elles disputaient. Les débordements populaires énormes (le rallye est un des seuls spectacles gratuits) avaient, à l'époque, provoqué des accidents meurtriers, tant dans le public que parmi les équipages... Ce qui signa leur condamnation.

Nous sommes, dès lors, étonnés (mais ravis !) de voir dans le Parc Lancia 037, Opel Ascona 400, Talbot Samba Gr B... Cela fait grincer des dents quelques pilotes du VH, puisque ces autos ne sont pas homologuées. De surcroît, elles sont bien plus performantes que l'ensemble du plateau, puisque bien plus modernes; et le jeu est quelque peu faussé. Cela avait déjà été le cas, l'année précédente et, sous la pression des concurrents, elles feront l'objet d'un classement séparé mais pourront courir. On comprend ainsi que les Corses se foutent complètement des règlementations. Ce qu'ils veulent... ce sont de beaux plateaux... Au passage, on voit qu'ils acceptent n'importe quelle auto... du moment qu'elle est conduite par un Corse ! Nous découvrirons ainsi des curiosités, telles qu'une PORSCHE 914/6 équipée d'un moteur 3 litres. Détail : ça n'a jamais existé ! C'est carrément un prototype. Plusieurs autos présentent des choses bizzares, comme des matériaux n'existant pas à l'époque (Kevlar), des roues à écrou de fixation centrale - non homologuées sur route - ou des échappements latéraux... On va de surprises en surprises !

Laurent, moi, puis Christian avons les numéros 60, 61, et 62 ,et nous roulerons dans cet ordre au début. C'est parti, mon kiki !

CA COMMENCE :

Départ du rallye et 1ère ES, dite de mise en jambe, se déroulant à CAPO DI FENO, vers la pointe des Iles Sanguinaires. A disputer deux fois, avec retour à l'assistance entre les deux. Sur 3,6 kms, cette route sert visiblement de terrain d'entrainement aux Corses, vu l'usure du revêtement. C'est aussi le terrain utilisé au "Shake Down" du rallye WRC, en Championnat du Monde. Laurent démarre devant moi, puis c'est mon tour. "Ooooh, toi ! ", me dis-je, en me promettant de faire mieux que lui... Ouais, ben, rien du tout ! On n'a pas fait 2 kms (!) que le moteur commence à bafouiller, puis couper ! MAIS C'EST PAS VRAI ! Qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour mériter ça ? Mais qu'est-ce qu'elle a, cette garce de BM ? Le moteur s'arrête, puis redémarre deux ou trois fois et je finis péniblement la Spéciale au ralenti, non sans avoir laissé passer Christian qui arrive en trombe. OUINNNNN ! J'ai déjà une minute dans la vue, sans savoir pourquoi ! Nous redescendons à l'assistance, à la sortie d'Ajaccio, tout en téléphonant à Nath', à qui je demande de prévenir Massot. En effet, celui-ci se trouve en Corse pour faire l'assistance de Charly Cauchois, garcon très sympa et ancien Champion de France VHC, qui court également sur 2002 TI, et dont j'ai fait la connaissance à cette occasion. Thierry, prévenu, nous attend et se jette sous le capot. Trifouillage de tout ce qui est possible. La BM retrouve tous ses cylindres... Et nous redémarrons pour faire le 2ème passage. Sur le routier et la montée qui conduit au départ, je secoue la BM dans tous les sens et tire sur le moteur : R.A.S.

CA CONTINUE :

Départ : 1,5 km après, rebelote ! coupure -moteur ! On lève le capot, farfouille, redémarrage, et... 300 mètres après plus rien. Et cette fois, le moteur reste muet....

Nous sortirons de la Spéciale "à la ficelle"... Je suis désespéré... Entretemps, Jean-Marc, alerté par téléphone, va commencer ses galères avec moi ! Arrivant par le sommet de la Spéciale, en bermuda et en tongues (!), il est descendu en courant, en coupant pour nous rejoindre  et voir s'il pouvait nous dépanner. Il s'est copieusement lacéré les jambes sur les épineux, ainsi que les orteils et la plante des pieds sur la caillasse ! De notre côté, on a contacté Jeff FAUCHILLE, célèbre copilote, et présentement Public-Relation du Rallye. Nous lui indiquons vouloir repartir en Super-Rallye le lendemain. C'est une disposition particulière permettant à un équipage de poursuivre la course, avec une pénalité de temps, lorsque l'on a rencontré des soucis mécaniques mais qu'on peut continuer après réparation. Ca nous vaudra ... DIX HEURES DE PENALITE ! Eh oui, bizarrerie des règlements. La même chose en Championnat du Monde coûte... 20 minutes... Peu importe. On ne s'est pas tapé tout ce voyage, les recos, etc., pour se contenter de regarder les copains du bord de la route, non ? Et puis, je veux savoir ce qui se passe avec l'auto. Pourquoi ces coupures moteur ?

C'EST PAS FINI :

Jean-Marc nous tracte hors de la spéciale, et nous redescend sur Ajaccio. Là , tout le monde s'y met. Très gentiment, Thierry Massot et Charly Cauchois nous prêtent la main, alors qu'ils sont logés assez loin... et qu'ils commencent à avoir faim, car nous sommes en début de soirée... A force de tester tout ce qui est possible, le moteur redémarre... sans qu'on ait trouvé quoi que ce soit de flagrant... Thierry me dit de faire un ou deux allers-retour en tirant sur le moteur et en secouant l'auto. Olivier vient avec moi. On n'est pas sortis de la circulation qu'abordant un rond-point, je sens la pédale d'accélérateur tirer... et se bloquer ! Ah, non! Ca ne va pas recommencer comme au Var ?! Olivier s'en est rendu compte aussi. Retour précipité sur le parking, où tous nous attendent...  "Ca ne va pas. Je n'ai même pas pu tester le moteur. Les gaz restent ouverts." Thierry et Charly lèvent le capot... et m'annoncent, désolés, que le berceau-moteur s'est recassé ! Incrédule, je regarde Massot : "Mais ce n'est pas possible. Je n'ai pris aucune corde profonde, ni aucun trou. Olivier peut te le dire, il est à côté de moi dans la voiture. En plus, tu as maintenant posé les renforts...!" Thierry, très embêté, me dit que c'est la première fois qu'il voit ça... Mais pourquoi faut-il que ça arrive A MOI? Le découragement m'envahit, car je suis certain de n'avoir pas brusqué exagèrement la voiture. Il faut savoir que, depuis que j'ai recommencé les rallies, j'évite de plonger dans les cordes, au détriment des conseils que tout le monde me donne. Nous roulons souvent en même temps que les voitures modernes, qui sont conçues pour "bouffer" largement les intérieurs de virages. Ce faisant, elles rejettent sur la route terre et cailloux. Si l'on ne plonge pas comme elles, ça nous vaut des glissades parfois dangereuses, capables de nous expédier au trou. Et, au minimum, les pertes d'adhérence pénalisent le chrono... Mais je répugne à le faire, ayant l'impression de martyriser la caisse... Voyant la tête que je tire, Thierry et Charly m'annoncent qu'ils vont tenter de sangler le moteur. Charly m'explique que ça lui est déjà arrivé dans le passé, que ça devrait tenir et me permettre de continuer la course. Bien plus tard, la nuit tombée depuis longtemps, et fourbus, ils ont installé une grosse sangle et rehaussé le moteur. Thierry m'affirme que ça ira si j'évite de prendre les cordes dans les virages... à gauche. "Oh mais, ni à droite ni à gauche, mon pote ! Si je peux seulement rouler et disputer ce p...tain de rallye, je serais déjà très content". Là dessus, ils vont enfin pouvoir aller se restaurer et dormir... et merci les copains! Le coup de main reçu pour nous aider à poursuivre nous a un peu remonté le moral... Il nous suffit de nous présenter le lendemain au Parc Fermé, avant le départ de la 1ère auto, pour continuer. Nos dix heures de pénalité nous vaudront de partir en dernier. Et, bien entendu, nous pouvons oublier tout espoir de classement honorable. Tant pis.

Mais que se passe-t-il entretemps, du côté des Alfas ? Sans histoires, comme d'habitude ? Eh bien, non ! Pour une fois, SCOOP DE L'ANNEE ! Il est arrivé quelque chose à Christian, si, si ... !! Dans le 2ème passage, un concurrent en Porsche (Beurrrp...) a cassé son moteur (c'est pas ça, le scoop), et vomi son huile sur 400 mètres. Descendu de son méprisable véhicule, il tente, par force gestes, de prévenir ceux qui arrivent de ralentir car CA GLISSE... Mon Christian, tête dans le volant, survient "à fond les ballons", aperçoit Cavallo au bord de la route... et se méprend sur la nature des signes que ce dernier lui fait, croyant qu'il lui dit de passer à l'extérieur... Il ne ralentit pas... et l'Alfa exécute une magistrale double toupie, évitant de justesse Cavallo qui, mort de peur, se jette dans le fossé ! L'Alfa finit par miracle le cul dans le talus herbeux, sans casse ! Frousse rétrospective pour Christian qui repart... Et Cavallo ? Il en parle encore ! Disant à qui veut l'entendre que le mec à l'Alfa est complètement cintré !...

C'EST TOUJOURS PAS FINI :

Sortie du Parc le lendemain matin, pour 5 Spéciales à disputer. ENFIN, ON ROULE ! J'aborde prudemment les deux premières épreuves, m'attendant au pire. La BM semble se comporter normalement. Aurions nous tué le "chat noir" qui nous accompagne depuis le début ? QUE NON ! On trouve, avec Olivier, que le niveau sonore augmente depuis un moment... D'un coup, un vacarme envahit nos oreilles... L'échappement a cassé net, au raccordement entre le collecteur et le tube ! Là, on a l'explication : ça fait deux fois que le berceau-moteur se casse, et les tractions dues au poids du moteur ont fini par provoqué la rupture de l'échappement. J' vous dis pas le bruit à l'intérieur ! On envisagera, à un moment, de se procurer des bouchons d'oreille pour effectuer les liaisons entre les Spéciales, Olivier gardant même en permanence son casque à la fin. Quant à sa voix, à force de gueuler pour que je l'entende... les potentiomètres de nos casques-radio, poussés à fond, me permettent tout juste d'entendre les notes... sauf quand je "tire" le régime au maximum. Craignant de ne plus pouvoir discerner ce qu'annonce mon coéquipier et entendre, par exemple 90 à la place de 70, je réduis volontairement le régime, me contentant de prendre 5500 t/m soit 1000 tours en dessous du maxi. La souplesse de mon moteur permet de le faire, sans trop perdre, et en "enroulant". Après tout, ça ne nous empêche pas de rouler... Quant au classement, on s'en fout maintenant. Ce qu'on voudrait, si ce n'est pas trop demander, c'est juste prendre du PLAISIR, nom de d'juuuu !

Bon an, mal an, les épreuves se succèdent, nous sommes tout étonnés d'être encore là, et contents d'y être : on prend un pied pas possible dans les Spéciales, qui sont superbes, aussi bien en tracé qu'en environnement. Disputer une ES comme Les Calanques de Piana, à la sortie de Porto, ça fait des souvenirs inoubliables ! On ne va sûrement pas vite au chrono. Pour ça, il faudrait qu'on soit Corses, les seuls à pouvoir bien la connaître. Pour ce qui me concerne, la reco s'est déroulée entre 20 km/h et... zéro ! Cette route, d'une beauté sans nom, est extrêmement touristique (classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco). Elle est systématiquement bondée de touristes en voitures, en cars, motos, vélos, etc. qui se croisent comme ils peuvent, et s'arrêtent n'importe où, pour pouvoir faire LA photo avec laquelle ils pourront bassiner leurs voisins lors d'interminables soirées diapos...! En deux passages, j'ai dû stopper une bonne dizaine de fois, puis j'ai laissé tomber. Impossible, dans ces conditions, de mémoriser les enchaînements. Autre raison pour laquelle les chronos ne doivent pas être fameux : en course, on ne peut pas s'empêcher de jeter un coup d'oeil à plusieurs endroits, tant le spectacle de la Baie de Porto est magnifique ! La mer est d'un bleu profond, et la roche d'un jaune orangé allant jusqu'au rouge, qui nous laissent pantois. Le tout entrecoupé des taches vertes de la végétation. J'vous jure que ça n'aide pas à la concentration ! Quiconque a vu cela ne peut l'oublier. Et que dire de la résonance de nos échappements (surtout le mien !) répercutée dans les rochers ? Magique !

Je n'oublierai pas de vous parler des Corses eux même. Tout au long de notre séjour, nous n'avons rencontré que des gens accueillants, souriants et disponibles.

Restaurateurs, hôteliers, organisateurs ou public (nombreux!) ont rivalisé de sympathie et de gentillesse... Un exemple frappant pour illustrer mon propos : un concurrent venu de la région parisienne s'est engagé avec une Simca CG Coupé. C'est une auto devenue très rare. Le pauvre a cassé un croisillon de sortie de boîte de vitesses, sur la ligne de départ de la 1ère ES. Autrement dit, il n'a pas fait UN METRE de course ! Il a, lui aussi, demandé à repartir en Super Rallye. Nous l'avons retrouvé le lendemain matin au Parc Fermé, et entamé la discussion avec lui. Il nous raconté que des Corses, le voyant dans la panade, lui ont spontanément proposé leur aide. Ils lui ont fait ouvrir un garage de leur connaissance, mis l'auto sur un pont et l'ont aidé à démonter sa boîte, ont téléphoné (en les réveillant!) à des concessionnaires amis, et se sont fait ouvrir les magasins pour trouver des pièces. Malheureusement, personne ne possédait en stock les pièces en question. Ils ont alors tenté une soudure pour lui permettre de continuer vaille que vaille, tout en restaurant et abreuvant l'équipage, et en les envoyant se coucher pendant que eux travaillaient... Cela a duré toute la nuit, et à l'aube, la CG était au Parc avec son équipage, bouleversé par l'aide reçue... Mais en pure perte, car la soudure a, hélas, lâché... Le Parisien en a oublié sa déception, "scotché" par l'entraide reçue de gens qu'il ne connaissait pas la veille !... Nous sommes tombés sous le charme, décrit depuis longtemps par les "continentaux" qui viennent - et reviennent - disputer des épreuves avec un plaisir sans cesse renouvelé... Comme on les comprend maintenant... On n'est pas encore partis qu'on a déjà envie de revenir - Ce qu'on fera, c'est juré ! - et qu'il est bon de courir dans une région qui n'est pas devenue autophobe... Il faut voir s'exprimer la passion des Corses, jeunes comme vieux, pour le Rallye, lorsque nous passons, tant sur les routes que dans les villages traversés. Sachez de plus, que chaque jour de course, à chaque pause, de copieux buffets nous attendaient, nous permettant ainsi de goûter les spécialités locales. Sans compter les réceptions, le soir, auxquelles nous étions conviés, équipages COMME mécanos... C'est suffisamment rare pour être signalé. Messieurs les Organisateurs de rallies continentaux, prenez-en de la graine... Notre seul problème : à usage intensif, la charcuterie et le fromage finissent par faire rêver d'une salade ou d'un steak ! C'est pour ça qu'on n'aurait pas dû prendre de l'avance ! Mais revenons à la course...

ENCORE UN PEU ? :

Ca fait deux ou trois spéciales qu'il ne nous est rien arrivé, et je vous sens quelque peu frustrés, charognards que vous êtes !... Don't worry. Il en reste... Au fil des assistances, nous consolidons la BM. Il faut, à chaque arrêt, retendre la sangle qui soutient le moteur. Déjà, ça, c'est amusant avec la chaleur dégagée... Mais il y a aussi l'échappement qui pend misérablement sous l'auto, et menace de rester en Corse (pas question, mon cochon... Tu rentres avec nous, on s'expliquera à la maison...). Et Jean-Marc de se brûler copieusement, en nous installant du fil de fer pour tenir l'ensemble ! Il a compris : il est pratiquement à chaque sortie de spéciale, ou sur le routier qui suit ! A chaque fois il a du boulot ! "Le prochain coup, je te ferais ça et ça..." Il commence à bien connaître l'implantation et les fixations diverses de la BM, sûrement mieux que celles des Alfas ! Nous prenons le départ d'une Spéciale, et avons déjà doublé deux autos, lorsque nous apercevons à quelque distance une Escort, conduite par un Corse, et peinte aux couleurs VENERE, comme celles qu'avait, à une époque, Yves Loubet, fameux pilote Corse. Même si c'est pas lui au volant, ça ne se refuse pas ! KAYAAAH ! Dopé par la perspective de me le faire ,j'envoie graaave... J'ai décidé que la BM n'avait plus rien, et ça vole... L'autre n'a pas envie de se laisser faire, augmente son rythme, mais je le rattrape inexorablement, et finis par le doubler. Il essaie, bien entendu, de s'accrocher, mais on arrive à le lâcher... jusqu'au moment où le moteur s'éteint ...! Ca faisait longtemps ! Pensant que "c'est cuit", ,je gare l'auto comme je peux, car la route est étroite. Je me détache vite fait, enclenche le warning, et me grouille de remonter 50 mètres plus haut pour installer le triangle de signalisation. Le temps de voir repasser l'Escort (grrrr...), et Olivier, qui a levé le capot entretemps, me hurle "Gilles ! c'est OK ! On repart!" Ah, bon ? Je reprends mon triangle - ça peut encore servir - le jette dans l'auto, et me réharnache. Contact. Et effectivement, le moteur redémarre ! La fin de la spéciale se trouve à seulement 2 kms. Nous la franchissons, et trouvons à sa sortie... Jean-Marc, accompagné de Nathalie ! Question d'habitude... Une fois faites la reprise de tension de sangle, et un nouveau renfort de fil de fer, occupons-nous de ce qui est arrivé quelques kilomètres auparavant. C'est le module d'allumage éléctronique qui s'est barré de la joue d'aile où il est fixé... Les vis de fixation ne tenant plus trop, probablement à force de vibrations, c'est maintenant à grand renfort de scotch que la BM poursuivra sa route ! ... Et nos Alfas, où en sont-elles, nos Alfas ....?

Eh bien, DEUXIEME SCOOP ! Christian s'est fait une sortie de route ! Arrivant, après une ligne droite sur un Gauche 50, il en a peut-être un peu trop demandé au freinage de l'Alfa, et tire tout droit : l'auto se cabre et escalade le talus, où elle reste posée, sans dégâts... Un poil plus vite, et il tombait sur une Porsche tombée en contrebas avant lui. (On va en reparler, de celle-là) Il n'y a décidemment du pot que pour la canaille : des spectateurs en nombre suffisant s'empressent de le remettre sur la route, et il peut repartir, estimant sa perte de temps à 1 minute seulement... Et nous arrivons, après la mise en parc, au terme du 2ème jour de course. Il nous faudra quelques apéros, et tout le dîner, pour raconter aux autres nos péripéties du jour, surtout les miennes... Bien entendu, foutage de gueule de la part de Lolo, qui se propose de nous donner des cours de pilotage. D'après lui, on semble en avoir bien besoin ! (On devrait jamais parler trop vite !  A suivre... ) Je bichonne Jean-Marc, griffé , lacéré, brûlé, en lui servant force "canons" pour le tenir en état, et motivé... Il reste un dernier jour! Et, vas savoir si on n'aura pas encore besoin de le mettre à contribution ???

ALLEZ, POUR LE PLAISIR :

Il nous reste, à l'aube de ce dernier jour, 4 Spéciales à disputer en boucle : 2 courtes et 2 longues. Arrivés au terme de la 1ère, la courte, nous remarquons sur le routier qu'il s'échappe pas mal de fumée du capot. Arrêt. On lève le capot, maculé d'huile, ainsi que tout le moteur...! Nous découvrons qu'à l'assistance du matin, celui qui a fait le niveau d'huile a oublié de remettre le bouchon en place, et ça dégueule de partout ! Double coup de bol - j'en ai un peu besoin - le bouchon se trouve coincé dans un renfoncement, et j'ai un bidon dans le coffre. La mise à niveau sera suffisante pour la 2ème, avant l'assistance. Départ de la 2ème : mis à part le bruit infernal dans l'auto, ça irait presque bien. On double deux à trois caisses dans les spéciales. Ce sont les derniers classés, qui sont bien plus lents que nous. Les gusses sont super-sympas, et NOUS laissent à chaque fois les dépasser aussi vite qu'ils peuvent. NOUS ?  Eh oui, je ne suis plus le dernier sur la route. La Porsche sur laquelle Christian a failli tomber la veille, une Carrera RS 2,7 l, est repartie ce matin en super-rallye. Elle n'avait aucun mal, mais a eu besoin d'une dépanneuse pour sortir du trou. Du coup, elle roule derrière moi. Olivier, en pointant, s'est rendu compte que son pilote demandait à partir deux minutes après moi, et vient me le dire. Surpris, vu qu'on a d'énormes pénalités tous deux, je me dis qu'après tout, c'est son droit. Il veut peut-être faire péter des chronos pour dissiper sa sortie de route, qui lui vaut d' être classé dernier ? (j'vous ai dit qu'on allait en reparler, mais c'est pas là...) Nous roulons à bon rythme, lorsque survient un " Très Long Gauche 70 REFERME 60" et je vois de longues traces de freinage à l'entrée... J'ai levé le pied, suis bien en trajectoire lorsqu'il referme... et découvre en sortie une caisse, roue arrières en l'air, et l'avant plongé dans le trou ! Nous passons sur l'élan, et nous apercevons que c'est L'ALFA DE LAURENT !!! ("Lolo, t'aurais dû fermer ta gueule hier soir !" ). M...de ! M ...de ! Impossible de m'arrêter à cet endroit. Il n'y a aucun dégagement. J'ai levé le pied et crie à Oliv' : "J'arrive pas à me garer. Faut voir si on peut les aider !" Il me gueule : "Non, roule, roule ! Ils n'ont rien. Je les ai vus dans le rétro. Ils m'ont fait signe tous les deux qu'ils sont OK.", puis voyant que je tarde à relancer, il poursuit "On peut pas les aider. J'ai vu la position de l'Alfa. Même à 4, on n' y arrivera pas, roule !..." Il n'y a aucun spectateur en vue pendant deux, trois kilomètres. Et nous poursuivons notre route jusqu'à l'arrivée... où nous attend Jean-Marc ! Il est déjà prévenu de leur sortie de route, mais ne peut rien faire. Il me demande alors s'il peut prêter une de mes roues à un concurrent qui a explosé deux jantes dans l'ES, l'entraxe des miennes conviendrait. Je lui réponds tout de suite bien sûr, trop content que, pour une fois, ce soit moi qui puisse venir à l'aide de quelqu'un ...!

Dernier tour, où nous repassons sur les mêmes routes. R.A.S dans la 1ère, et, dans la longue, nous arrivons sur le gauche où les autres sont sortis. Nos deux guignols sont bien là, beuglant au bord de la route pour nous encourager ! Coup de klaxon désolé, coup d'oeil dans le rétro : Olivier avait raison. L'Alfa repose sur le chassis, avec un angle bien trop prononcé pour qu'on la sorte de là. Mais c'est plus spectaculaire que grave. Et... et ...mine de rien, on est en train de finir la dernière Spéciale !

UN DERNIER POUR LA ROUTE ?

Sur le routier qui nous ramène au centre d'Ajaccio, on commence à déstresser. On bavarde avec Olivier (en gueulant, because échappement) et je lui dis que, même s'il nous arrive encore quelque chose, je porte la BM sur mon dos jusqu'au Parc d'arrivée... La sournoise a dû m'entendre et a décidé de nous faire chier jusqu'au bout : à peine garée dans le Parc, elle commence à pisser abondamment de l'huile. Un Commissaire, voyant ce que la BM vomit sur les pavés, trouve un bout de carton qu'on glisse sous l'auto. C'est le radiateur d'huile qui fuit tant et plus ! Pensant immédiatement qu'on a bien failli, si c'était arrivé quelques kilomètres plus tôt, rester en rade dans la dernière ES, je réprime à grand peine une furieuse envie de botter les fesses de cette carne, d' y foutre le feu, de la débiter en tranches (fines...), d'en faire des figatelles, de la noyer dans le port, et enfin DE LA VENDRE ! Décidant de ne plus lui parler jusqu'à nouvel ordre, je rejoins les autres pour la remise des prix .

Mais avant cela, je voudrais vous parler des super-vacances de Nathalie ! Elle m'a accompagné en Corse sous le prétexte fallacieux qu'elle ne connaissait pas l'Ile de Beauté. Je lui ai proposé de venir pour pallier à cette grave lacune, lui demandant de simplement faire quelques photos et un peu de film sur nous en course. Après cela, elle était censée prendre du bon temps... Mais les innombrables galères qu'on a rencontré, et le fait que Jean-Marc ne pouvait être partout, l'ont fortement mise à contribution. Elle avait déjà dû affronter le mauvais temps au début du séjour, les grèves, mais, de plus, elle a dû galoper sans cesse pour nous dépanner pour ceci ou cela, nous apportant de l'essence, accompagnant Jean-Marc pour nous nourrir ou nous abreuver. Le pompon l'attendait dans la dernière ES : avertie de l'arrêt forcé de Lolo, et n'écoutant que son bon coeur, elle s'est chargée d'un sac à dos, et monte la Spéciale à pied pour leur amener de quoi boire et manger. Morte de trouille à chaque passage de concurrent, se mettant à l'abri comme elle peut, elle a fini par rejoindre les deux pignoufs, qui l'ont accueilli la bouche en coeur "Ah ! Mais fallait pas te déranger, Nath'. On n'a besoin de rien." Ces sagouins avaient repéré un poste de secours avec des infirmières. Tout en les draguant, ils leur ont fait leurs yeux de chiens battus, et sont repus, hydratés, chouchoutés, et bronzent tranquillement en attendant que Jean-Marc vienne tracter l'Alfa qui n'a rien, même pas la plaque d'immatriculation tordue ! - Le pot et la canaille, on connait -. La pauvre Nath, pensant aux kilomètres qu'elle a monté pour les secourir, n'a d'autre alternative que de faire des photos des ahuris, très satisfaits d'eux-même ! Et de plonger dans le fossé lorsque j'arrive,en tentant de me filmer !! J'suis en course, je vous rappelle. Je n'ai pas pu voir que ma Nath' se trouvait là, puisqu'elle avait disparu en contrebas. Elle aura eu son compte d'émotion et de souvenirs plus ou moins bons... Sans compter que je lui ai fait croire que c'était notre Voyage de Noces ! On s'est, en effet, mariés huit jours avant, au bout de douze ans de vie commune ! Rassurez-vous, je ne suis pas" chien" à ce point-là. Elle en aura un vrai, amplement mérité (et sans bagnoles !). Mais un grand merci à elle de la part de tous. Combien de fois l'a t-on bénie pour son aide efficace, en plus, on a, grâce à elle, un VRAI film...

La remise des prix est très sympa sous le soleil retrouvé : à l'arrivée, Charly CAUCHOIS se classe 19ème Scratch, Christian 22ème, et moi 35ème... mais pas dernier : 'y a la Porsche derrière, celle qui demandait à partir deux minutes après nous ! Tiens, ça me donne l'idée d'aller regarder les derniers chronos. Combien m'a t-il pris dans les deux grandes ES ? Surprise : je vérifie plusieurs fois nos numéros respectifs ainsi que nos chronos... et vois que je suis plus vite que lui les deux fois, lui prenant 1, puis 20 secondes ! Mort de rire, je vais raconter ça aux autres, qui se fendent la gueule à leur tour ! De retour à notre hotel, en buvant des canons au salon, on se remet à parler de ça. On s'était rendu compte que deux concurrents Porschistes, clients d'un préparateur(en factures) grenoblois, se trouvaient au même lieu de résidence que nous : un des deux est LE super-pilote en question. Laurent, nous disant à cet instant qu'il avait un peu discuté avec eux, et qu'un des deux était sympa, les voit entrer dans le Hall. "C'est eux !" L'un file directement à sa chambre, l'autre reste. Et Mon Lolo ne trouve pas d'autre moyen que de l'apostropher devant tout le monde : "Dites, il ne se sent pas ridicule, votre pote, de demander à partir deux minutes derrière mon copain qui a la BM, là ? Parce que je vous signale qu'il s'est fait mettre minable par un mec qui a une caisse au moteur sanglé, pleine de fil de fer et de scotch !"...  Stupeur générale ... Ne se doutant pas que Lolo allait tenir ce discours, on n'a pas pu l'en empêcher à temps ET il les a confondus ! A voix basse : "tais-toi, Lolo,c'est lui !" Trop tard. Le gugusse s'amène et, super-gêné, nous bredouille "oui, mais c'est à cause des caisses qu'on n'arrêtait pas de doubler".   Et là , c'est moi qui prends la relève : "Comment peux-tu dire une chose pareille ? Les mecs ont été super sympas. Ils nous ont toujours laissé passer très vite. Je te rappelle que je les doublais AVANT toi ! Je te rappelle aussi qu'ils avaient leur propre course à faire, et qu'ils sont classés AVANT nous deux. Tu avais peut-être l'ambition de remonter DIX heures en 4 Spéciales?" Je laisse tomber un regard plein de mépris, en pensant " Pauv ' mec..." Il se casse tout penaud, mais a dû entendre dans l'ascenseur l'énorme éclat de rire général qu'il a déclenché. Pas de pitié pour les cons dans son genre ! C'est vrai, quoi !!

Détente et rigolade pour notre fin de séjour. En chargeant la BM sur la remorque, et en rangeant le matos, on ne peut s'empêcher de penser que c'est trop vite fini, malgré nos multiples emmerdes... La Corse est si belle qu'on s'y attarderait bien encore un peu...

Les meilleures choses ayant une fin, nous embarquons tous ensemble sur le Ferry qui doit nous ramener à Nice. Par le plus grand des hasards, nous nous installons confortablement sur le Pont supérieur, à côté du bar ! Ben oui , 'faut bien passer le temps... Double hasard, arrivent Camille, Carlos, et tous ceux qui les ont accompagné... Pourtant, le bateau est grand... Comment ont-ils fait pour se douter qu'on serait pas loin du bar... ? Oh, mes aieux ! La traversée n' a pas été triste, et les ventes de boissons alcoolisées en notable augmentation grâce à nous. La tension accumulée tombe d'un coup. Oubliées les péripéties, les tracas, les colères, le découragement. On en a tant à se raconter, et les ennuis sont devenus source de rigolade ! Lolo, en 12 Pastis, nous expliquera avoir scrupuleusement mesuré la longueur de ses traces de freinage : 17 mètres !... qui n'ont pas suffi, puisqu'il est passé au trou... Nous lui répondrons qu'à notre avis, c'est beaucoup trop, et qu'un mec qui freine aussi longtemps est un lâche ! Là dessus, Camille entonne la chansonnette, reprise par tous, au refrain de "Félicie, aussi" de Fernandel. On vous dit pas l'ambiance ! Champagne pour les filles qui l'ont bien mérité : Anne et Nathalie consommeront tout le stock du bord ! Nous, plus modestes, nous contenterons de goûter l'anisette maritime... à quelques reprises ! Pour être honnêtes, nous arriverons à Nice complètement bourrés ! Au revoir, les copains, qui sont déjà chez eux, les veinards. Nous, il nous reste 450 bornes à faire ....

BONUS :

Olivier n'ayant pas participé à la totalité des agapes, car il est allé dormir, le Pauvre Chéri, je lui propose qu'on fasse chacun la moitié de la route, et qu'il prenne le premier relais, le temps que je me refasse une petite santé. La tension retombée, et quelques Pastagas dans le buffet, je ferais bien un petit somme... Oliv' dit Banco, traverse Nice, et s'arrête à la sortie pour faire le plein du Murano... et me demande si je voudrais pas reprendre le volant, car il est un peu fatigué !! Il a quand même tenu... 20 kms !!! Ces jeunes n'ont décidemment pas beaucoup de santé... A l'aller, je m'étais déjà tapé tout le trajet de nuit, car nous embarquions à l'aube...

Soit... Plein refait, ,je m'apprête à sortir de la Station Service, et ,dans ma manoeuvre, effleure un rebord de trottoir, pourtant taillé en biseau : BOUM ! Un pneu de la remorque a éclaté comme une baudruche ! Ce sont des pneus spéciaux, à flancs renforcés qu'il faut gonfler à des pressions de camion : 6 kgs, ce qui est énorme. Nous disposons, fort heureusement, d'une roue de secours... placée au centre de la remorque. Ca signifie qu'il faut ôter toutes les sangles de maintien, et décharger la BM... OK, on a pas le choix. Nous levons alors la remorque sur cric, ouvrons la caisse à outils, et cherchons la clé adéquate pour desserrer la roue crevée... Aucune ne va ! Les abrutis qui ont concu cette remorque ont trouvé le moyen de mettre des écrous de 23 ! Aucune caisse à outils standard n'est munie de cette taille de clé... On trouve toujours 21, 22, ou 24, mais pas 23... Vérifiez sur les vôtres, vous verrez... Nous nous mettons à réveiller les chauffeurs de poids-lourds qui sommeillent sur l'aire d'autoroute, en pensant que, eux, auront la fameuse clé dans leurs caisses de bord. Leur outillage est toujours beaucoup plus complet que le nôtre. Trop facile : même les camions n'utilisent pas de 23 ! Nous finirons par dénicher une grosse clé anglaise, et, avec beaucoup d'efforts, arriverons enfin à changer cette roue. Nous reprendrons la route plus de deux heures plus tard ! Je ne vous explique pas le luxe de précautions que j'ai pris pour ne pas crever à nouveau. C'est que nous n'avons plus de roue de secours, et encore 430 kms à parcourir. Et je me tape la presque totalité du parcours, Olivier me relayant seulement à 50 kms de Grenoble ! Entretemps, le Chérubin s'est piqué le roupillon du siècle, honorant ainsi son surnom de Commandant Couche-Tôt...! Enfin, nous arriverons à Grenoble, complètement crevés - surtout moi - à 2 h du mat'...

EPILOGUE :

Durant la semaine qui vient de s'écouler, il s'est passé pas mal de choses dont on peut tirer quelques conclusions :

  •  Commencons par une banalité : c'est beau, la Corse, la nuit ...comme le jour ! ( Désolé, Bohringer)... Malgré tout ce qui a pu nous arriver, aucun(e) de nous n'a regretté cette belle aventure. Tout au contraire, nous sommes revenus emplis de magnifiques souvenirs, qui tournent aujourd'hui en boucle dans nos esprits. Soyons francs : nous n'avons qu'une seule envie : y revenir. Notre rêve est de participer au vrai Tour de Corse - le vrai, le grand -. Seuls les problèmes logistiques, et le temps que chacun devrait prendre, nous arrêtent. Si nous les résolvons, soyez sûrs qu'on y retourne tous à fond la caisse ....
  • J'ai de sérieuses questions à me poser concernant la BM et sa fiabilité. Quel est le Chat Noir qui l'habite, et d'où peuvent venir ces mystérieuses coupures- moteur ? A cet instant, la question reste entière, puisque nous n'avons rien trouvé qui les expliquent... Thierry Massot, lorsque nous nous sommes quittés à Ajaccio, m'a à moitié réconforté en me disant "dis- toi bien qu'avec tout ce qui t'est arrivé, tu n'aurais pas fini ce rallye si tu avais conduit autre chose qu'une BM".
  • J'ai quand même gagné quelque chose en Corse : Le Championnat du Monde de la déveine, et le Titre, je vais le garder un moment...

Plus poissard que moi, tu meurs !

Si je peux timidement formuler un souhait, c'est que la personne qui a façonné une statuette à mon effigie veuille bien enlever deux ou trois des épingles qu'elle y a plantées... D'avance, merci !!!!

 

A bientôt pour une prochaine chronique

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