4 au 6 avril 2008 : Rallye Grasse Alpin

En ce début d'année 2008 , nous avons choisi de participer au Rallye Grasse-Alpin, où nous sommes tous engagés, Christian et Anne sur l'Alfa Coupé, Laurent et Pascal "Pélé " sur la berline, et moi-même avec Olivier Berard sur la 2002.

L'intersaison a été mise à profit pour rechercher les causes des divers ennuis qui ont affecté la BM et son équipage au cours des deux rallies disputés en 2007 .

En premier lieu, on a installé un radiateur d'eau NEUF (plus de réparations partielles ni pièces d'occase !) De plus, c'est un radiateur de 2002 Turbo, de plus grande capacité de refroidissement. Normalement, on ne devrait plus avoir de problèmes de ce côté là. On a aussi installé des disques de freins ventilés, avec les étriers correspondants. Ca devrait nous apporter un meilleur freinage et une meilleure résistance à l'échauffement. Et surtout, nous avons recherché pourquoi l'accélérateur se bloquait de façon erratique et intermittente. On a enfin trouvé pourquoi : lors du tout premier rallye, au Provence-Med', les sauts et les forts appuis répétés sur la Spéciale de Nans-les-Pins avaient provoqué la casse du berceau-moteur. On ne l'avait pas détecté sur le moment, car la charnière de pédale d'accélérateur s'était tordue et nous avions pensé que les blocages venaient de là. Rentrés à Grenoble, on a constaté la casse du berceau, et réparé en posant des renforts... Mais ce que personne n'a pensé à vérifier, c'est la tringlerie reliant carburateurs à la pédale ! Explication : Lorsque le berceau a cassé, le moteur s'est affaissé, et le poids entrainant l'ensemble a tordu la tringlerie, ce qui était difficile à voir à l'oeil nu... "Bon sang, mais c'est bien sûr !" aurait dit Bourrel. Voilà donc la raison de ce qui nous a tant empoisonné la vie au Var. On espère avoir fait le tour de toutes les questions qui se posaient, et nous voilà sur la route du Midi, Olivier et moi, tractant la BM sur une... superbe remorque à double essieu ! Quel confort, mes amis ! On roule sur l'autoroute sans problèmes à 120/130 km/h. La remorque suit, parfaitement stable, et ne saucissonne jamais. Le bonheur ! Du coup, pour une fois, on ne met pas sept heures pour descendre, et on n'a plus peur... Joyeuses retrouvailles avec les copains ! Ca va envoyer !

 Les trois équipages se présentent au départ. Annoncés 25 au départ, nous partirons en fait 23. Cela représente un très beau plateau. Le parcours classique de ce rallye nous fera emprunter des Spéciales mythiques des rallies de l'arrière-pays niçois et cannois, à commencer par le Monte-Carlo. Le nom de ces épreuves, comme Le Mas-Aiglun (par le col de Bleine) ou Pont des Miolans-St Auban a une connotation particulière pour moi. Depuis de nombreuses années, je m'y suis déplacé en spectateur, pour le Monte Carlo, ou l'Antibes, par exemple. J'y ai applaudi les plus grands noms du monde du rallye, mais... je n'ai jamais eu l'occasion de courir moi-même sur ces routes légendaires. Je vais ENFIN avoir l'occasion de combler cette lacune. Mieux vaut tard...

Autre particularité de l'épreuve : une courte Spéciale au dessus de Grasse sera disputée de nuit. Ca ne m'est plus arrivé depuis un bon quart de siècle ! Je n'étais pas particulièrement pressé d'en refaire une d'ailleurs, vu que j'ai toujours eu une mauvaise vue nocturne. 27 ou 28 ans plus tard, il serait très étonnant que ça se soit amélioré !... En tout cas, ça nous donnera l'occasion de vérifier le réglage des phares supplémentaires qui est fait "au pif". J'ai bien essayé de monter en Chartreuse une fois, avant de descendre dans le Midi, mais j'ai très vite abandonné, croisant des véhicules tous les cinquante mètres, et recevant de furieux appels de phares de la part des usagers éblouis... Je précise que les phares supplémentaires des voitures de rallye ne peuvent pas se régler autrement que sur route. Les régloscopes d'atelier sont inefficaces et chaque pilote a sa propre manière en terme de choix d'éclairage. D'autre part, les autos utilisent des ampoules plus puissantes que la normale (usage interdit sur route ouverte) Il faut donc trouver des bouts de route déserts, ce n'est plus si simple aujourd'hui.

1ère Es : St Cézaire... et 1ère rigolade : Laurent est crédité d'un temps bazooka ! Tête de Christian qui n'a pourtant pas amusé le terrain! Lolo s'apprête déjà à aller soulager sa vessie sur la Sunbeam-Lotus de Borelli, en tête du rallye, histoire de lui montrer qui il est... lorsque l'erreur est rectifiée,... juste au moment où Christian, de rage et une pierre autour du cou, allait se jeter dans le ravin. On a frôlé la catastrophe !

2ème Es : qu'on ne disputera pas. La raison ? Les organisateurs nous font savoir que le médecin désigné pour cette ES est absent, et que la Spéciale est annulée pour raisons de sécurité. Grogne montante des habitués de ce rallye, dont Christian. Il me raconte qu'il est arrivé la même chose l'année précédente, dans cette même épreuve, et que ça commence à bien faire...  Bon.

Dernière ES de la journée... ou plutôt de la nuit. C'est celle dont je parle plus haut. On est déjà dans la file, casqués, gantés, radio raccordée, et nos copilotes sont au pointage de contrôle horaire... mais l'attente parait bien longue... pourtant, plusieurs autos ont déjà été lachées sur la route. On distingue des girophares au départ de l'ES. Was passirt ? Une caisse sortie de la route ? Que non ! des jeunes, pour se réchauffer, ont mis le feu à des broussailles, et il y a plusieurs maisons dans le coin... et l'épreuve est de nouveau annulée pour... raisons de sécurité !!

Au retour en Parc, à Grasse, ça commence sérieusement à "ronfler" du côté des concurrents, parce qu'on a pas beaucoup roulé (1 ES ! on n'est pas fatigués !), et qu'on se doute bien qu'on ne nous fera pas de ristourne sur le prix des engagements. Demain sera un autre jour, pour l'heure, détente générale, et à l'apéro ainsi qu'au diner, on parlera encore beaucoup du "temps de fou" de Lolo . Celui-ci dit qu'il n'est pas forcément persuadé de"l'erreur" (il ne fait pas du tout exprès !) parce que Christian ne s'en est toujours pas remis !!! Il rigole (faux), mais il l'a toujours en travers ! Et ça a dû le doper, vu les temps qu'il fait - des vrais, ceux-là ! -

Le Samedi, les choses sérieuses commencent. Tout se passe bien au 1er tour. On a débuté la journée dans le Col de Bleine, tôt le matin, en gommes tendres, car il fait encore frisquet en avril, et de nombreuses traces de neige persistent au passage du Col. Christian et Laurent, en habitués des lieux, m'ont conseillé la méfiance dans la descente, très rapide, entrecoupée de nombreuses épingles. La spécialité locale des spectateurs consiste à balancer de la neige au freinage des épingles, "pour voir du spec-ta-cleu"... J't'en attacherais bien un ou deux au pare-chocs, moi... De célèbre pilotes ont perdu des courses, avec ce genre de connerie. Sans compter le danger que ça peut occasionner...

L'arrivée sur Aiglun est beaucoup plus sympa. Ah, le bruit de nos autos dans les clues et les tunnels ,mes aieux ! Ca hurle ! Nos coéquipiers aussi se régalent ! (Idem pour l'arrivée de Pont des Miolans, à la clue de St Auban). Ce qui est rigolo, c'est qu'on se dit tous que cette Spéciale vaut d'être courue rien que pour ça, alors que beaucoup détestent la descente, inintéressante sur le plan pilotage :  à fond - freinage - épingle, à fond - freinage - épingle, ainsi de suite une dizaine de fois. Bof ! Je ne fais pas exception à la régle, dans un sens comme dans l'autre. J'ai fait hyper gaffe en descente, freinant très tôt, puis me lâchant sur le reste du parcours, et j'ai fait un assez bon temps pour ma première fois. Seule chose à signaler : le moteur a commencé à ratatouiller, et parfois couper sans qu'on sache pourquoi. Ca nous a un peu retardé. Mais, à chaque fois, il est reparti ... ???? Vérif' de bougies, d'allumage, etc. ne nous apprendra rien. Nouveau mystère, mais vous verrez qu'on reparlera de ces coupures moteur lors des prochains rallies... A suivre...

A l'assistance de Andon, Christian pense qu'avec l'élévation de la température, ça vaut le coup de monter des gommes plus dures, compte tenu de la longueur de Mas-Aiglun. Un peu surpris, car le matin, et malgré les gommes tendres, on s'est tous fait quelques freinages-limite, voire blocage de roues, je l'écoute. Il connait bien les lieux et le climat. On change les roues. Olivier me fait signe qu'il est temps d'aller pointer. Démarrage de la BM... QUI RESTE BLOQUEE SUR PLACE ! Enfer et Damnation ! L'explication est simple : lors de l'achat de la BM, le vendeur Gérard Mercier m'a donné un 2ème jeu de jantes... de 2002, alors que la 2002 Ti utilise des jantes d' 1/2 pouce plus larges, et possèdant des épaulements intérieurs que la roue de 2002 de base n'a pas. Je l'ignorais. Et, je vous l'ai dit, on a monté cet hiver de plus gros freins dont les étriers butent à l'intérieur des jantes ! N'ayant pas eu à essayer ces roues, on découvre le truc au dernier moment... On fait fissa pour remonter à l'avant les pneus du matin, à gommes tendres et bien usés, gardant les plus dures à l'arrière et neuves. On n'a pas le temps de changer les 4 roues. Traversée du parc à donf', klaxon bloqué, sous les huées (ça se fait pas!) et... pointage à 3 secondes de la pénalité ! OUF !

Début du 2ème tour : Je pars fort, malgré mes pneus dissemblables, mais en restant prudent dans la descente du BLEINE. Je suis en confiance, bien concentré. Oliv' crache bien ses notes. Je suis certain de faire un meilleur temps que le matin. Nombreux sont les endroits où je levais le pied, par manque de connaissance, et là, "j'y vais" bien plus franchement. De surcroît, les roues ne bloquent plus aux freinages. Survient la fin de la Spéciale. On en est à moins de deux kilomètres. A cet endroit, figurent sur nos notes "ALLUMAGE PHARES + FLEXILIGHT" pour deux petits tunnel. C'est important, il ne faut pas oublier qu'on est en plein jour et qu'on arrive subitement dans la pénombre. C'est ennuyeux aussi pour les copilotes qui ne voient plus leur cahier de notes, doù l'allumage de leur spot de lecture. 1er tunnel : ambiance encore plus chouette que le matin . Le Moteur : BRRRRROOOAAAA !!! 2ème tunnel. Le moteur : BEEUUUeeeuuuhhh ! Les phares s'éteignent, et le moteur se coupe. La BM se traîne à la sortie du tunnel, et je repère vite fait une bande herbeuse où je ne gênerai pas les concurrents qui me suivent... Essais de démarreur répétés, rien. Pourtant les voyants et cadrans marchent. Le courant arrive donc de la batterie. On lève le capot et tentons de trouver ce qui ne va pas : fil de bougie, bobine, allumage ? On a, au maxi, 20 mns pour trouver la panne. Après, c'est la voiture- balai, ce qui signifie Hors Course. Mais on ne trouvera rien et resterons comme des cons au bord de la route, à regarder passer les copains, la mort dans l'âme...

MASSOT trouvera, au retour, et après avoir cherché longtemps, qu'un p..ain de fil s'est rompu DANS le faisceau ! Voilà une chose que je n'avais plus connue depuis des années : L'ABANDON A 1 EURO !! (voire moins cher... ). Vous décrirai-je l'état danc lequel on est avec Oliv', après être passés par la stupeur, la déception, la colère ? VERTS FONCE, qu'on est ! Crénom d'une pomme, ça allait si bien. On avait appris, à l'assistance, que de 17èmes la veille, on était déjà remontés 11èmes à l'issue du premier tour... ça attise nos regrets, mais qu'y faire ? En prime, on ne saura jamais le temps qu'on allait faire, est-ce que cette saleté de fil n'aurait pas pu casser 800 mètres plus loin, à l'arrivée? En plus, ça nous aurait évité d'attendre des heures, coincés dans la Spéciale... Misère de misère...

 

Pour les Ritals, tout va bien, merci... Christian décroche une très belle 5ème place scratch, et 1er du Groupe Tourisme. Laurent se classe 12ème, après quelques ennuis...

Mais ils sont à l'arrivée, EUX ! Gnaaaaaaa...

Le retour, pour nous, se fera en tractant la remorque, depuis Antibes jusqu'au village d'Aiglun, puis une fois chargés, même route dans l'autre sens jusqu'à Sigale et redescente par le col de St Raphael sur Puget-Théniers, et back to Grenoble. Pourquoi je vous parle de ça ? vous connaissez la route Aiglun-Sigale ? Non ?

ESSAYEZ AVEC UNE REMORQUE aux fesses ! je vous garantis des souvenirs... il suffit de savoir que les chèvres ne s'y croisent pas. Et, Olivier étant au volant, je descendais avant chaque virage pour lui dire si la route était libre... (les virages masqués, y a que ça là-bas. On a du leur faire un prix).  On s'est amusés deux minutes...

Chers amis, ne perdez pas le fil de nos aventures. Nous allons vous emmener en CORSE, dès le mois prochain, pour le CORSICA HISTORIC RALLYE.

C'était notre gros truc de l'année 2008. Vous ne serez pas déçus... Il s'y est passé des choses !!!

Commentaires (1)

1. Zulmen (site web) 13/03/2014

That's a shrewd answer to a tricky qutiosen

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