Août à octobre 2008 : Course de Côte de Chamrousse, débusquage du LOUP et Rallye d'Antibes

Suite à mes déboires du mois de mai, la BMW est allée faire une cure chez Massot, dans l'Ain. Rentrée de Corse en bien triste état, j'ai établi une longue liste de ce qu'il y a à faire dessus. Massot étant débordé à cette période de l'année, je n'ai pas revu mon auto depuis un bon moment lorsque je vais la chercher.

Les réparations ont essentiellement porté sur le remplacement du radiateur d'huile par un neuf. Il s'est avéré que le précédent propriétaire, préparant lui-même des BM pour la course, mais également vendeur de pièces d'occasion pour cette marque et d'autres, avait monté un radiateur de récupération. Il s'était passé une chose identique pour le radiateur d'eau, lors de mon premier rallye. Conclusion : ne pas monter ce genre de pièces en VH. Les efforts mécaniques qu'on impose aux autos, et la fiabilité que l'on cherche à obtenir nécessitent de monter de la pièce neuve chaque fois qu'on le peut… même pour les "anciennes"...

Côté refroidissement, tout est donc neuf. Les fixations de module électronique ont été refaites. Quant à l'échappement, il a été ressoudé. Massot m'explique toutefois que je n'ai pas le bon modèle. Les tubes du collecteur et de la ligne d'échappement sont de trop faible diamètre, et l'acier dont ils sont faits est trop cassant. Charly Cauchois a eu ce type d'ennui pendant longtemps sur la sienne et, las de devoir le ressouder, en a monté un plus gros. Ce qui nécessite un certain investissement et du temps, car il faut faire une importante modification au tunnel de transmission, ainsi qu’au plancher, au niveau des pieds du copilote. Ne pouvant pas le faire dès maintenant, je projette de le faire pendant l'hiver. Je peux m'attendre d'ici là à que ça arrive encore. Par contre, il m'a trouvé un pont avec une démultiplication un peu plus courte. C'est encore trop long, mais les ponts "courts" pour 2002 sont aujourd'hui introuvables... Enfin, il n'a strictement RIEN trouvé qui explique les coupures-moteur qui m'ont handicapé. Je suis très déçu de sa réponse, parce qu'il y a forcément un "loup". Je ne veux pas refaire un rallye dans ces conditions, et, profitant de l'intersaison, décide de m'engager dans une Course de Côte. Le but est de reproduire les conditions de course, ce qu'on n'arrive pas à faire sur route ouverte.

24 août 2008 : Course de Côte de CHAMROUSSE 

C'est l'idéal. Proche de chez moi et se déroulant toujours la troisième semaine du mois d’août. Il n'y a pas ou peu de rallies à ce moment de l'année, en raison des périodes de vacances, et du tourisme que ça implique. J'ai disputé cette épreuve une seule fois... en 1976 ! et 32 ans plus tard, m'y revoilà ! La BM, faite pour le rallye, n'est pas du tout adaptée à ce genre particulier de course. Trop lourde, manquant de puissance, sans parler de la transmission trop longue. De plus, on a le droit de monter des pneus "slicks" (sans sculptures) à gommes très tendre. Ne faisant pas de côte habituellement, je ne veux pas en acheter spécialement, et courrai avec mes pneus de rallye à sculptures. Après tout, ce n'est qu'occasionnel, et, qui sait... peut-être y aura-t-il moyen de s'amuser ?

Les vérifications techniques faites le vendredi, les numéros collés, je monte par la route pour les essais du samedi et emprunte celle de Prémol, jusqu'au Lac Luitel à partir de laquelle la course se déroule. Je trouve la route fermée par des barrières ! Un Commissaire se dirige vers moi : "Mais qu'est-ce que tu fous là ?"

"Ben, je viens pour les essais, quoi..."

"Ah oui ? Si tu lisais les règlements, tu saurais que les concurrents doivent monter par l'autre côté, et descendre en convoi jusqu'au départ. Tu as de la chance que personne ne soit encore là. Sans ça, tu pouvais faire une croix sur les essais ! Bon, je t'ouvre la barrière, et je préviens par radio qu'une voiture monte sur le parcours. Vas-y doucement, hein ! "

Oui, Chef, bien Chef, merci Chef... Et voilà comment tu te fais remarquer bêtement... Je me fais tout petit lorsque j'arrive au sommet, traverse le Parc Concurrent des Modernes, passant devant les Officiels ayant reçu le message radio suivant : "bloquez la course et les concurrents qui doivent descendre. J'ai envoyé un ahuri qui n'a rien compris au film. Il est arrivé par le bas !".

A l'aise, le Gilles... Comme entrée discrète dans le monde de la Côte, je ne pouvais pas faire mieux ! Visiblement, on ne leur avait pas encore fait ce coup- là, et tous dévisagent avec insistance l'extra-terrestre responsable du retard généré... "Boh, quèques minutes, c'est tout. On va pas en faire un fromage… et puis y a 32 ans, c'était pas comme ça ..."

Non, j'en ai assez fait comme ça. Je vais encore plus m'enfoncer si j'essaie de me justifier de cette manière. Passons à autre chose.

SAMEDI

1ère montée d'essais : le temps de passer deux ou trois virages... Devinez quoi?... BROOOOOAH... puis BEUEUEUEeueueuh... ET V'LA QU'CA R'COMMENCE !! Exactement les mêmes symptômes que déjà rencontrés... Je me traîne péniblement au sommet de la côte, me gare dans le Parc et tourne autour de la BM, en continuant de me demander ce qu'elle peut bien avoir... Déjaujage? Vapor-lock? Pression d'essence? Allumage? Je suis là, seul, avec le mince outillage de bord, soit quelques outils... dont je ne sais que faire. Et je ne connais personne ici.

C'est là qu'a lieu LA rencontre :

Une voix à fort accent du Midi se fait entendre derrière moi : "Qu’est-ce qu'elle a, ta caisse?" Je me retourne, c'est un concurrent, visiblement pilote d'une Barquette rouge, garée en face de ma voiture. "Je n'en sais absolument rien. Je me suis engagé dans cette course pour remédier à un problème que je rencontre depuis deux rallies, et on n'a pas encore trouvé ce que c'est. " "Ouais, je t'ai entendu arriver sur trois pattes... T'as quelque chose, c'est sûr... T'as fait tes niveaux de cuves de carbus ?" "Mes quoi ? Euh, non... Comment on fait ?" je bredouille (pas vu un intérieur de carbu depuis...OUOUOUOUH...) "Bon, ça va, j'ai compris. Je vais te filer un coup de main. Qui c'est qui prépare ta voiture ? " "Ben, c'est Massot, dans l'Ain. Mais il ne pouvait pas venir m'aider ce week-end." "OK, t'as son portable? Appelles-le." Bête et con, je m'exécute, et lui passe mon téléphone... "Allo, Thierry ? Ca va ? C'est NANAR ! Bon, je suis avec un de tes clients - comment tu t'appelles ? - CHAUVIN, y s'appelle... Il est dans la merde. Sa caisse, t'as fait quoi, dessus ? " Je les entends dialoguer, complètement largué... Puis le dénommé Nanar CAYRIER, ayant raccroché, et avisé mes maigres outils, va vers son stand... et revient avec caisse à outils complète, boîte de gicleurs et je ne sais quoi d'autre... Sans attendre, il se met à démonter mes carbus ! J'en reste baba ! Je ne le connaissais pas dix minutes auparavant, et il est déjà sous mon capot !

 "Bon, tes niveaux de cuve sont OK, les gicleurs aussi. Déjà, c'est pas ça... On va voir ta pompe à essence... Ouais, elle me paraît bien petite..." Et, de plus en plus estomaqué, je le vois revenir avec une pompe NEUVE, de plus gros débit, et me l'installer ! "Tu vas essayer avec ça pour la 2ème montée... On va bien voir." BM redémarrée - sur ses 4 cylindres ! - j'obtempère et me place en convoi...

2ème montée d'essais : deux virages... BROOOOOOAH... puis BEUEUEUEUeueueuh... ET CA CONTINUE !! Ce coup-ci, ma vache de caisse ne veut même pas monter en une fois... Je la jette sur un accotement pour ne pas gêner les autres, et tente de la redémarrer... Après plusieurs tentatives, le moteur s'ébroue enfin, sur 3 cylindres, et je repars péniblement, en première et en seconde, warning allumés, serrant au plus près les bas-côtés. Deux concurrents, dont un avec une Corvette de plus de 500 CH (!) me passent comme des bombes, avant que je ne franchisse la ligne d'arrivée, et que je me traîne jusqu'au parc VH, à grands coups d'embrayage et d'accélérateur... Et je retrouve mon Nanar, monté entretemps... Il lâche aussitôt ce qu'il est en train de faire : "Bon, c'est pas la pompe. On va regarder autre chose", et de démonter la trappe de réservoir portant jauge et tube plongeur... "Qu'est-ce c'est que cette mousse, dans ton réservoir ?" "C'est de la mousse FIA que j'ai installée. Massot m'avait dit que des contrôles ont déjà eu lieu sur certaines épreuves (au Var) pour les concurrents VH ayant encore le réservoir d'origine. Il parait qu'on l'exige sur certaines épreuves."

Nanar : "C'est de la connerie. Ca sert à rien. Tu vas virer cette mousse, qu'on y voit quelque chose, pendant que je m'occupe de regarder ton filtre à essence." Ce que je fais. Nanar jette ensuite un coup d'œil dans le réservoir et la crépine. "Putain, j'y comprend rien... Ton réservoir a l'air propre. On voit aucune saleté ni dans l'essence, ni sur le filtre de crépine. Y a rien non plus dans ton filtre à essence. Je vais récupérer la pompe que je t'ai montée, et remettre la tienne." Et le plus beau arrive : Nanar est allé rameuter d'autres pilotes et mécanos, dont deux, qui parlent Alsacien entre eux ! Vous verriez le monde qu'il y a autour de l'auto ! Ils s'y mettent tous, chacun faisant sa suggestion ! Nanar : "Ce qu'on va faire, c'est shunter ton filtre à essence. Mais comme on n'aura plus la longueur nécessaire de canalisation, il faudrait que je pose un tube de 8 mm, long de 20 cm. Allez, les mecs, trouvez-moi ça. Cherchez dans votre matos !" ordonne t-il ! Et on voit arriver bientôt un des mécanos, un des alsaciens, avec le tube désiré ! Je lui demande comment il a fait. Réponse : "Je l'ai prélevé sur ma bagnole" " Hein ? Mais comment tu vas rentrer chez toi ?" "T'inquiète ! J'ai tout le temps de faire un bricolage d'ici demain soir." Je suis carrément scotché par ces mecs qui ne me connaissent pas, et font tout pour que ma caisse remarche ! "On verra demain ce que ça donne avant la 1ère montée de course" me dit Nanar. On remonte tout, je le remercie chaudement pour le coup de main. Redémarrage de la BM - sur ses 4 cylindres - et descente sur Grenoble.

Je retrouve à la maison deux potes lyonnais, venus pour me voir en course le lendemain. Je leur annonce que, parti comme c'est, ils ne verront pas grand chose ...

Un des deux est restaurateur, mais a commencé sa carrière dans la mécanique auto. L'apéro sera (longuement!) consacré à décrire ce qui m'arrive, et ce qu'on a déjà essayé pour trouver la panne. Deux magnums de Côte-rôtie plus tard, Michel me dit être convaincu que c'est un problème de pression d'essence. Il ne croit pas à l'allumage. Ca ou autre chose... Heureusement qu'ils sont là pour me remonter le moral - et qu'on a bien rigolé ensemble - parce que j'allais passer la soirée à me morfondre... Maintenant, dodo pour tous car demain on se lève tôt. Le pinard va nous y aider...

DIMANCHE

Réveil plus ou moins facile. Cafés nombreux et serrés. Les VH sont convoqués à 8.00 pour la 1ère montée de course. Mes potes me suivent avec leur voiture, et j'ai prévenu Michel que dans la montée sur Chamrousse par la route des Seiglières (oui, la bonne route, je sais, gnaaaaa !) j'allais faire un test. A plusieurs reprises, je tire sur les rapports, balance sèchement l'auto dans tous les sens, puis ralentis, attend les copains, puis recommence. Rien de rien... La BM carbure parfaitement. Aurait-on trouvé enfin ? On retrouve Nanar au parc, et je lui raconte ce que j'ai fait dans la montée.

 "Ouais, c'était peut-être bien le filtre à essence qui déconnait. De toutes façons, tu vas être fixé."

1ère montée de course : 4 virages impecs... on progresse.

BROOOOAH... puis BEUEUEeueueuh... J' vous refais pas tout le film, hein ? Retour au Parc.

On revérifie tout. Redémarrage - sur ses 4 cylindres ! - Michel prend le volant pour un essai. Je l'accompagne, on part sur Recoin. Tirage des rapports au maxi, secouage violent de l'auto. Rien de rien. "T'as eu l'impression d'un déjaujage, entre hier et aujourd'hui ? C'était plutôt dans les gauches ou dans les droites ?" "Non, je suis à peu près sûr que c'est pas ça. Elle s'est étouffée aussi bien à gauche qu'à droite." Et, revérification. Passage de la pompe à essence sur celle de secours. Je n'y crois pas, puisqu'on a essayé ça hier. De surcroît, c'est le même modèle...

2ème montée de course. Départ. 1ère, seconde, troisième... BROOOOOAH... BEU... BEU...

BEUeueueuh… Je ne suis même pas arrivé à la première épingle, 400 m après le départ ! Cette salope s'étouffe en ligne droite ! Je suis ivre de rage ! Une envie de balancer la caisse dans le premier arbre venu... Arrivé au ralenti au parc, complètement écœuré, j'annonce aux copains que j'arrête les frais. Inutile, en effet, de faire la 3ème montée, puisque ça recommencera. Je dis au revoir à Nanar, le remercie encore de son aide, lui promet de le tenir au courant de la suite. Il est intrigué, comme moi, car il ne voit plus ce qu'on peut encore tenter...

Démarrage - sur ses 4 cylindres, si, si... -, descente sur Grenoble avec les potes. Piscine, apéro... corsé, j'en ai besoin. P'tite bouffe et installation devant la télé pour voir un Grand Prix... Je suis pas certain qu'on ait vu la totalité du 1er tour : sieste générale. Fin du film...

J'aurais au moins appris une chose, durant ce week-end : l'incroyable solidarité des pilotes VH de Course de Côte. J'ignore si c'est la même chose chez les Modernes, mais je peux vous dire que ça fait chaud au cœur de rencontrer des gens comme ça. Un dernier mot sur celui qui m'a spontanément apporté son aide, alors qu'il devait s'occuper de sa voiture, et de sa propre course : NANAR CAYRIER est une célébrité du VH. Ancien Pilote de Chasse sur JAGUAR, il est connu comme le Loup Blanc, lui et sa fameuse Barquette LE GALLEN rouge, décorée d'une Cocarde ! Il est le chef de bande de ces fous furieux, s'occupant de la promotion du plateau des "anciennes" en C.C.. Si je dois trouver quelque chose de positif à tous mes emmerdes, c'est l'occasion qui m'a été donnée de le connaître. Nous sommes devenus potes, et il m'arrive parfois d'aller faire une côte, pour des essais, mais surtout pour le plaisir de le revoir, lui et les autres... MERCI A TOI, NANAR !!

ESSAIS AU CIRCUIT DE BRESSE :

Plus question de refaire quoi que ce soit avant qu'on ait trouvé. J'ai envoyé à Massot la liste de tout ce qu'on a essayé. Par élimination, on finira bien par mettre le doigt dessus. On décide une séance d'essais sur circuit, du côté de Cuiseaux-Louhans. Olivier m'accompagne et on s'arrête chez Massot pour prendre la BM sur remorque. Il ne peut malheureusement pas venir avec nous, finissant tard. Il ne pourra même pas nous rejoindre, car on dispose seulement d'une heure le vendredi soir entre 18 et 19 heures, c'est l'unique créneau accessible au public. Autant vous le dire tout de suite, ça n'a servi à rien. Pannes répétées...

Ce coup-là, je me fâche tout rouge : "Thierry, tu comprends bien que les rallies, ça coûte cher, entre reconnaissances, engagements, et frais de course... Ca fait deux rallies courus et autant de foutus. Plus une course de côte et une séance d'essais. Je retourne la semaine prochaine au circuit, et cette fois, je veux que tu viennes avec moi !" Se rendant à la raison, Thierry accepte, et nous revoilà au circuit la semaine suivante, avec outillages complets. Massot installe un analyseur de pression sur le siège passager. De cette manière, je peux jeter un coup d'œil sur le manomètre et voir la pression d'essence. Il le branche d'abord au niveau des carbus. Deux tours, pression d'essence à zéro, et on me sort "à la ficelle". 2ème essai : branchement après le filtre à essence. J'y retourne. Un tour. Pas de pression. 3ème essai : cette fois, branchement au niveau de la pompe à essence, dans le coffre. Même tabac, et l'heure s'est écoulée. Mais cette fois, on n'est pas bredouille : On SAIT que c'est forcément à l'arrière, au niveau du réservoir que ça se passe...

Massot m'appelle quelques jours après : "GILLES, J' AI TROUVE !" Oooh, vertige de l'amour ! - aurait dit Bashung...

EXPLICATION DU "LOUP"

La seule chose dont on était tous convaincus, c'est que ce n'était probablement qu'une bricole idiote. On a tous gagné !

Massot m'explique que, tournant autour du problème de réservoir, il en a eu marre, et en a prélevé un autre sur une épave... Lorsqu'il a voulu le remonter, tube plongeur et jauge à essence se sont avérés trop longs… Mais pourquoi, puisque c'était le même modèle de réservoir ?

Une rapide enquête auprès du précédent propriétaire de la BM nous confirmera ce qui a été trouvé : le réservoir étant ancien, il craignait que des saletés se détachent des parois, et soient aspirées, bouchant ainsi l'arrivée d'essence. Il a entrepris alors d'y déposer un produit colmatant. Lorsqu'on fait ce genre de protection, on verse le produit dans le réservoir, puis on le secoue en tous sens pour qu'il se répande sur l'ensemble des parois... Mais, d'une part, il en a trop mis et d'autre part il est impératif de laisser sécher en mettant le réservoir SUR LA TRANCHE... Et lui, l'a mis A PLAT ! Le produit, se redéposant au fond, a durci, remontant le niveau d'un bon centimètre... Bien entendu, lorsqu'il a voulu remonter le tube plongeur, celui-ci était devenu TROP LONG... Et il l’a tout simplement COUPE, puis RESSOUDE les tubes au dessus du réservoir !

Un coup de barbouille noire par dessus, et on ne pouvait plus voir les soudures... Cette auto, courant essentiellement en VHRS avant que je ne la rachète pour faire du VH, était moins sollicitée... Et les vibrations, chocs et efforts divers qu'elle a encaissé depuis ont fini par provoquer une fissure sur une soudure. En conditions de course, pression d'essence au maxi, la pompe à essence finissait par aspirer DE L' AIR !! Mercier ne m'a jamais parlé de cela lorsqu'il m'a vendu la voiture, n'imaginant pas une seconde qu'une des soudures puisse lâcher... Et voilà pourquoi, pour une bêtise, j'ai été si souvent emmerdé cette année !

Pour être franc, il était plus que temps qu'on trouve, parce que j'avais déjà réservé une place dans un établissement où on vous fait prendre des douches glacées à haute pression, avec des jolies chambres capitonnées ....

BOOOON ! Ben maintenant qu'on a trouvé (on a mis le temps!), on va peut-être pouvoir s'amuser, oui ?

17, 18 et 19 octobre 2008 : RALLYE D'ANTIBES

Celui- là, je suis particulièrement content d'y être... C'est le seul rallye que j'ai failli disputer comme copilote de Christian en 1975 ! A l'origine, je devais seulement faire son assistance mais son coéquipier pressenti avait déclaré forfait peu de temps auparavant. Et, possédant ma licence, je l'avais remplacé au pied levé. Ca aurait dû être ma toute première course ! Les rallies, à cette époque, étaient beaucoup plus longs. De plus, l'Antibes comptait pour le Championnat d'Europe. Dans ces conditions, on s'était tapé la semaine complète de reconnaissances en Renault 4L... Ca c'était du sport, Madame ! Mais malheureusement, le circuit électrique de la Rallye 2 ayant intégralement brûlé dans le Parc Fermé, on n'avait pas pu effectuer un seul mètre de course !! A pleurer de rage... Donc, il y a une vieille rancune à digérer... Autre raison de mon enthousiasme, nous y disputerons des spéciales mythiques du Monte-Carlo, comme le Col de La Couillole… Miam-miam ...

Le bémol pour moi est qu' Olivier, mon copilote, n'a pu se libérer pour le 1er jour de reconnaisssance. Anne est dans le même cas, mais Christian connait très bien les routes et dispose de toutes les notes. Il faut simplement les vérifier. Solution : que je l'accompagne pour lui lire ses notes et noter les corrections. Ensuite de quoi, il me les prêtera. Nous n'avons pas d'autre choix. Ce qui m'ennuie, c'est que je ne connais aucune des Spéciales à reconnaitre obligatoirement dans cette journée. Comme je ne suis pas au volant, il est évidemment difficile de mémoriser les tracés, ni d'avoir un quelconque ressenti des routes utilisées. On fera avec. Le lendemain, Oliv' est arrivé, et les Spéciales du jour nous sont mieux connues. Entre autres, Le Mas-Aiglun, que nous avons parcouru en Avril... A présent, on est sûrs que la BM va "craquer", et on ne va pas se lamenter pour des broutilles, non ?

Nos trois fiers équipages sont au départ sur le Port d'Antibes. Camille Bogliari est également de l'aventure avec son habituelle Lancia Beta coupé jaune. Le déjeuner a vite tourné à l'habituelle guerre d'intox (c'est la règle !) et au foutage de gueule traditionnel de mes gugusses du Midi : "Bon, Gilles ! Qu'est-ce que tu vas nous faire ce coup-ci ?" me glissent-ils d'un air goguenard... "Rigolez pendant que vous le pouvez, les amis. Les galères, c'est fini. F. I .N . I !! Vous allez voir ce que vous allez voir. J'en connais qui vont souffrir..." Non mais...!

Le parcours routier effectué, nous voilà au départ de la 1ère ES. Je m'aperçois que les voitures qui partent avant moi sont en file, marquent un arrêt, puis contournent "quelque chose" que je ne vois pas, et prennent ensuite le départ. Tiens ? Que peut-il y avoir ? La file avancant, je vois une magnifique Lancia STRATOS GR 4 arrêtée en plein milieu, et son pilote assis sur le talus en face. ??? Il aurait dû partir depuis un bon moment... "Tu es en panne ?"

"Non, vas-y... Avance..." répond-il, visiblement agaçé (tous les pilotes lui ont demandé la même chose avant moi...)

Nous n'aurons l'explication qu'à l'arrivée de la Spéciale, par les équipages arrivés avant nous : ils n'ont pas pu prendre le départ, car ils ont oublié leurs CASQUES à leur hôtel, à Antibes !! Alors, ça, c'est vraiment très con ! Je comprend mieux l'humeur du pilote. Le pire est que le lendemain, ils repartiront derrière nous en Super-rallye. Mais nous ne les verrons jamais arriver. Le pilote n'ayant certainement pas digéré sa mésaventure, est parti comme un boulet dans la première Spéciale du jour, a franchi deux virages... et a pulvérisé la belle Stratos dans un mur...!, la réduisant ainsi à un amas de ferraille et de polyester... Le pauvre en a cassé pour cher, très cher...

Nous abordons la spéciale du Mas-Aiglun, que nous avons disputée (presque) deux fois en Avril. N'étant plus en phase de découverte, et enfin débarrassé du problème d'alimentation d'essence, j'attaque sans appréhension, tout en restant prudent dans la descente du Col de Bleine, que je n'aime pas. La BM se comporte bien, les notes sont bien cadencées, lorsque nous abordons un Gauche 70 : AIE-AIE-AIE ! La courbe se referme, et je ne suis pas sur la bonne trajectoire ! Il est trop tard pour balancer l'auto, déjà en fort appui. Coup de frein désespéré, les roues se bloquent... et on file vers l'extérieur. Mais le bas-côté est en graviers, le train-avant plonge dans le fossé, et l'auto reste posée sur le chassis, roues arrière sur les graviers... ZUT, comme on dit dans le beau monde... On ressemble à Lolo, dans la même position au Corsica... quoique mes traces de freinage soient plus modestes : 2 à 3 mètres, tout au plus. Rien à voir avec ses 17,5 mètres! Nous, on fait dans l'artisanal, lui, c'est un Pro du freinage ! Oliv' se débrêle vite fait, sort, et tente de repousser l'avant pendant que j'enclenche la marche arrière. Peine perdue : les roues motrices patinent sur les graviers, et lui-même n'a pas d'appui dans le fossé, ses pieds dérapent... Et le temps s'écoule ! Descendu à mon tour pour tenter de repousser l'auto, nous comprenons que nous n'y arriverons pas comme ça. Trop bête, car la BM n'a apparemment aucun dégât… Nous cherchons vainement une solution pour sortir de là... Et soudain, le coup de veine ! Nous apercevons à quelque distance deux spectateurs qui remontent vers nous ! On leur hurle de venir nous aider, en faisant des bonds de cabri qui aurait marché sur des cendres incandescentes, et de grands gestes de bras, à rendre jaloux un "Chien Jaune" (Servant d'appontage de Porte-avions)... Oliv' me dit de me remettre au volant, eux repoussent la caisse vers l'arrière, et je les aide sur un filet de gaz pour que les roues ne patinent pas trop. Miracle ! La BM bouge, les roues finissent par accrocher, et nous sortons du trou. Chaleureux remerciements aux spectateurs pendant qu'on remet nos harnais, et nous repartons, après avoir perdu plus de 4 minutes... Mais on est encore en course, et Olivier corrige la note en Gauche 70 REFERME 55 !! On a été aussi surpris l'un que l'autre par ce piège. Nous n'avions rien remarqué de spécial lors de nos précédents passages, tant au Grasse-Alpin qu'en reco. La raison probable est certainement que nous sommes arrivés plus vite qu'auparavant…

La journée s'avance, les Spéciales s'enchainent. Il n'en reste plus que deux, qui se feront aux phares. N'oublions pas que nous sommes en octobre, les jours raccourcissent, et l'horaire d'hiver est en place. Nous avons pris le départ de l'avant-dernière, lorsque je sens l'accélérateur se durcir, et sa course se réduire ! MAIS C'EST PAS POSSIBLE ! Que se passe t-il encore ? Rien à faire. Plus je tente d'accélérer, moins la voiture avance, à tel point que je suis obligé de rétrograder, car la BM n'arrive plus à se relancer... Ne comprenant pas ce qui nous arrive, j'allume les warnings et scrute mon rétroviseur. Christian, qui me suit sur la route, ne tarde pas à arriver. Je le laisse passer immédiatement. Coups de klaxon et passage en trombe. Et je serai obligé de répéter cette opération avec d'autres concurrents, jusqu'à l'arrivée du chrono, que nous franchissons en 1ère, au ralenti. On est dans le 2ème passage de Mas-Aiglun, longue de 25 kms. L'addition va être salée. Nous nous arrêtons sous le premier réverbère venu, sortons trousse à outils ainsi qu'une lampe frontale et cherchons directement sous le capot-moteur... Rien d'anormal. Le moteur s'emballe lorsqu'on accélère les carbus à la main. Le cable est tendu, et semble coulisser. Alors, quoi ? Regardant le pédalier, on voit à ce moment que la CHARNIERE de la pédale est complètement tordue, ne laissant qu'un ou deux centimètres de course ! Y a pas de mots pour décrire mon état... J'aurais vraiment tout eu comme type de pannes connes... N'ayant que peu de temps devant nous sous peine de pénalité routière, on redresse la charnière comme on peut, et disputons la dernière Spéciale dans ces conditions, sans pouvoir accélérer à fond... puis rejoignons l'assistance. N'ayant d'autre solution, les gars retirent purement et simplement pédale et charnière. Pour accélérer, il ne reste plus que la tige et son ressort. Pratique pour le talon-pointe... Mon pied glisse régulièrement de la tige, m'obligeant à une gymnastique dont je me serai bien passé, lorsque je passe de frein à accélérateur. Il faut que je "cherche" la tige au jugé... Mais que faire ? C'est ainsi que nous rejoignons le Parc Fermé, tout en s'attendant aux inévitables sarcasmes des autres, pour qui tout va bien, merci... Et ils ne se priveront pas de m'en "mettre plein la tête" !

Déjà que je suis le Roi de la déveine, il faut en plus que je sois l'objet de la rigolade générale, assistance comprise !! Bonjour la compassion, tas de mécréants... Heureusement que Anne, ELLE, compatit sincèrement à mes malheurs. J'me vengerai, un jour, j'me vengerai ..!

En attendant, cette stupide charnière tordue nous a fait perdre encore plus de temps que la sortie de route du matin. Et ça nous vaudra de partir derniers demain... Là aussi, ça commence à devenir une habitude... que j'apprécie, pour être franc, très moyennement…

 

Le deuxième jour, nous attend une curiosité : c'est bien la première fois que je cours une Spéciale où l'on traverse un village... avec un "gendarme couché" tel qu'on appelle ce type de ralentisseur ! Moi, je le passe carrément à l'arrêt... Je trouve idiot de casser quelque chose sous la voiture pour gagner peu de temps... Eh ben, même mon extrême prudence ne me servira pas.

Départ de la suivante : tiens ? Le niveau sonore augmente, semble t-il ? Gagné ! 50 mètres après le départ, un vacarme envahit nos oreilles ! Comme au Corsica, l'échappement s'est fait la malle... Massot me l'avait annoncé à cette époque, et il avait raison. L'échappement n'a pas résisté à notre sortie de la veille, lorsqu'on s'est posé sur le chassis. Avec la rupture de pente, ça a dû commencer à se déboîter, et le rythme de course, les vibrations, ont fait le reste... On commence à avoir l'habitude... La question est : trouvera t’on des touffes de persil à mettre dans les oreilles d'Olivier pour les liaisons ? Pour sa voix, qu'il se démerde ! Après tout, ça serait pareil s'il avait été voir un match de foot, non ?...

A l'assistance, Jean-Marc, lui aussi habitué, file sous le chassis pour l'opération "fil de fer", afin d’éviter qu'on perde l'ensemble sur la route. Je n'aperçois que la moitié de son corps, agité de soubresauts... Non ? Il n'oserait pas RIRE, tout de même ? J'le crois pas ! Ce pignouf est fendu en deux ! Christian a le nez plongé dans une tasse de café, mais il boit pas, il riffougne ! Quant à Laurent, il cherche quelque chose dans son coffre, j'entends distinctement des "Hin , hin, hin !"sortir de la malle... Sympa, les mecs, sympa... Ca fait plaisir de voir comme vous êtes charitables...

Le reste de la journée se passe bien. Je n'ai pas grand chose à espérer que remonter deux concurrents, dont Camille, ce qu'on fera. Il reste peu de Spéciales, et le retard accumulé est trop important pour viser mieux... Dommage… Après, c'était Lolo... J'aurais cependant un moment de plaisir dans ce rallye : La Couillole. J'ai adoré cette Spéciale. Déjà, la montée est chouette à faire. Mais la descente, c'est quèque chose ! Là, j'ai ouvert en grand ! Seulement ralenti brusquement par endroits, parce que mon pied glisse de la tige qui me sert maintenant d'accélérateur... Ca hurle avec l'échappement libre qui résonne contre les murailles de roches ! Olivier s'égosille, et il s'est pris au jeu : je double une Golf au début de la descente, et franchis l'arrivée aux fesses de Camille parti deux minutes avant. Christian me prend 20 secondes, et moi-même en prends 30 à Lolo... C'est pas trop mal pour un mec qui n'a jamais roulé sur cette route, et avec les notes d'un autre...

Arrivée sympa au Port d'Antibes. Les autos sont toutes là, et intactes (à un échappement près...).

  • Christian finit 6ème Scratch, 1er de Classe et 2ème de Groupe, barré par une ?... Porsche ! (comme c'est original). Toutefois, je ne le félicite pas, et ne lui adresserai la parole que lorsqu'il aura fini de ricaner bêtement à mon sujet... (Tu sais ce que j'en pense, des premiers de la classe ?...)
  •  Lolo est 8ème, mais y a pas de quoi se vanter, franchement... C'est facile, Môssieur, c'est facile... (ouah, l'autre, hé... Même pas, il a niqué la Porsche devant lui...)
  •  Moi, 9ème. Passons
  •  Camille, 10ème... et heureux d'être là ! Ca en fait UN qui ne boude pas son plaisir... Porschistes, si vous nous lisez...

 

J'en termine avec l'histoire de la pédale tordue. Revenus à Grenoble, on a pu voir que la charnière était bien trop petite, et faite d'un métal trop mou. Comme dit Olivier, en rallye, on est "bourrin" sur l'accélérateur, et même les vis de fixation au plancher avaient fini par s'arracher. Ca ne nous avait évidemment pas frappés, avant que ça nous arrive... Et après l'heure... c'est trop tard... Une fois de plus, on va tenter d'améliorer les choses avant de se retrouver au Rallye du Var...

 

RDV pour la prochaine chronique

Commentaires (1)

1. Bireye (site web) 13/03/2014

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