Nogaro 1979 ou "Comme le Monde est petit"

Auto -Hebdo   a  consacré  à mon neveu Edoardo Mortara une longue interview à l'issue de sa brillante saison 2011.Pilote officiel pour la marque AUDI, il a disputé en Allemagne le Championnat DTM, au cours duquel il a signé plusieurs podiums, terminant  9ème et meilleur débutant, à égalité de points avec Ralf Schumacher, - ex-pilote de F1 et le frère de l'autre -. Edo a également remporté sa première victoire, hors championnat. Nul doute qu'elle en appellera d'autres dans un futur proche. Mais il aussi remporté en fin de saison deux victoires en GT, à Zuhai en Chine, et enfin à Macao, au volant d'une Audi R8 LMS. Macao devient vraiment son "jardin" car il y a déjà remporté deux victoires en F3.Unique pilote à l'avoir réalisé, la revue a, pour cette raison, publié  un entretien le concernant.

 

Lisant cet article, je suis tombé par hasard sur le nom du journaliste qui l'interviewait, et là j'ai eu un drôle de choc : JEAN-LUC TAILLADE !

Nous le connaissons tous de nom, depuis le temps qu' il officie dans le milieu automobile, mais j'ai une raison supplémentaire d'avoir percuté, pour le souvenir que cela m'a rappelé. Ca va me donner l'occasion de vous raconter une nouvelle histoire, intitulée : 

 

COMMENT TUER DANS L' OEUF UNE BELLE VOCATION NAISSANTE  !

 

Prêts ?  On fait un -grand- saut dans le passé...

 

1979 !  CIRCUIT DE NOGARO (Oui, rappelez-vous qu'on a été jeunes, un jour ! )

 

Déjà bien occupé par mon travail à l'usine, j'ai dû me résoudre, la mort dans l'âme, à vendre ma voiture de rallye - une Opel Kadett GTE Gr 2 - et renoncer à courir. Les rallies, les reconnaissances (très longues autrefois) et la préparation des courses prennent trop de temps, et je commence mes premières missions à l'export, donc souvent absent, y compris les week- end. J'ai fait un choix douloureux. Faible consolation : certains week-end d'hiver, je donne des cours de conduite sur glace à Serre-Chevallier. Epoque très sympa, avec une équipe de moniteurs dont les noms ne vous sont pas inconnus : Pierre TOUJAN -notre chef !-, Henri TRAUTMANN, Bertrand BALAS, d'autres occasionnels comme Christian DORCHE ou J-Claude ANDRUET... et Christian DUSSERT.

Avec mon pote DUSS', on s'est déjà bastonnés avec nos inoubliables SIMCA Rallye 2. Il a cependant décidé d'arrêter le rallye, et de se tourner vers le circuit.

S'étant engagé dans la coupe de L'Avenir, championnat promotionnel qui a révélé nombre de jeunes pilotes de talent comme Philippe STREIFF, il veut acquérir au plus vite les rudiments du pilotage en circuit. Et un beau jour il me dit :

- Gilles, je me suis inscrit pour tenter ma chance au VOLANT MOTUL à NOGARO. Pourquoi ne viendrais-tu pas avec moi ?

- T'es pas fou ? Je ne connais rien aux monoplaces, et encore moins leur conduite. Je n'ai même jamais tourné sur un circuit ...

- Mais justement : c'est une école de pilotage. C'est fait pour apprendre !  Allez, viens , ça va être marrant.

Il a lâché le mot "marrant"... Il n'en fallait pas plus pour me décider !  Après tout, pourquoi pas tenter une nouvelle expérience ?

Et nous voilà sur les routes, en direction du Sud-Ouest, dans le Gers. Le hic, c'est que ma vieille R16, qui tractait l'Opel de rallye, a eu un problème mécanique juste avant de partir et ma mère, bonne âme, m'a prêté sa splendide Citroen CX 2400 toutes options. Ben oui, c'est un véhicule de Direction, quoâ ...

 

Et c'est deux jeunots qui se garent sur le Parking du circuit.

On n’est pas descendus, qu'une voix se fait entendre derrière nous : "Ces Grenoblois , tous des prétentieux  !"

 

Un gusse avec un anorak aux couleurs MOTUL vient de laisser tomber cette phrase, en nous toisant, petit rictus méprisant aux lèvres, puis s'en va aussitôt...

Stupéfaits, on a pas pu répondre. Pourquoi nous a t-il dit ça, si ce n'est à cause de la voiture de ma mère, dont il a lu la plaque d'immatriculation 38 ?

Faisant très vite connaissance avec les nombreux aspirants-pilotes (et futurs concurrents !), on leur demande qui est l'abruti nous ayant réservé un si charmant accueil. Car, bien sûr, j'ai envie de lui dire ma façon de penser.

 

- Surtout pas, malheureux ! C'est Jean-Claude LHORO, le directeur de l'école de pilotage !

- Et alors ? Attends, ce mec ne nous connaît pas, et il nous balance ses préjugés à la gueule ! Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca n'est même pas ma voiture !

 -  Fermes ta gueule ou il aura vite fait de te sacquer . Qu’est-ce que tu y gagneras ?  Me disent les autres

Bon gré mal gré, je me rends à la raison et tente d'oublier ce désagréable premier contact ...

 

Après une première partie théorique pour appréhender le tracé du circuit, ainsi que les caractéristiques d'une monoplace, on se retrouve dans le paddock pour nous présenter les Formule Renault qui serviront à notre apprentissage. Cela fait curieuse impression pour qui ne connait que les voitures fermées, et c'est mon cas.

Remarque identique lorsqu'on en prend le volant pour la première fois. C'est déroutant, mais on s'y fait très vite. Les sensations de précision et d'efficacité sont décuplées, et l'on fait corps avec le chassis.  

Au fil des séries de tours qui se succèdent, on connait mieux les élèves-pilotes qui se trouvent là. Il faut dire qu'on a du temps. Nous sommes plus d'une cinquantaine à suivre les cours, et seules deux monoplaces sont réservées à l'école. Beaucoup courent déjà en circuit, et certains ont un palmarès plutôt fourni en Coupe Gordini et autres disciplines de promotion. 

Un jeune mec à lunettes se présente alors : Jean-Luc TAILLADE ! Son nom et ses photos sont bien connues de nous tous, qui lisons les revues autos comme Echappement. Et il travaille déjà pour Auto-Hebdo, parution née en 1976 ! Photographe de formation, il commence aussi à signer quelques articles dans ces journaux.

Très sympa, il nous explique qu'il débute aussi en circuit , et qu'il veut savoir de quoi il parle quand il "dézingue" tel ou tel pilote, en disant qu'il n'avance pas. Authentique !

 

On fait notre apprentissage du pilotage à bas régime (3500 t/m avec limiteur et tolérance maxi de 200 t/m), apprenant peu à peu technique de pilotage d'une monoplace, trajectoires, et freinages.

Puis on nous accorde à chaque nouveau "step" 500 t/m de mieux. Je suis ébahi, comme les autres, de constater à quel point ça change les choses !

Au début on faisait les malins en se disant " ça va être gai, à ce régime. On va se traîner. On nous prend pour des bébés ou quoi ?" On a très vite déchanté lorsqu'on s'est rendu compte que les points de braquage, de freinage et les trajectoires n'étaient plus du tout les mêmes, et qu'il fallait tout réapprendre !

Virages nous sautant à la figure, festival de tout- droits, de roues bloquées au freinage, de points de corde loupés et... de têtes à queue !  Ca rend humble !

Et lorsqu'on réussit une série de 5 tours rapides, réguliers et sans erreurs, je peux vous dire qu'on est plutôt content de soi... jusqu'à la série suivante !

 

En tous cas, je me suis pris au jeu.  Je tourne plutôt bien, au point que je commence à trouver de nouveaux trucs. Lhoro nous a imposé un repère de ré-accélération au point de corde d'une épingle -hors de sa vue-, et je me suis rendu compte  qu'en sacrifiant un peu le freinage à cette épingle, on peut ré-accélérer nettement plus tôt qu'il nous l'a dit. De ce fait, je suis à la vitesse maxi bien avant les autres dans la ligne droite qui suit, et faisant de bons chronos. Ca ne loupe pas : à la fin d'une série Lhoro me bondit dessus alors que je gare l'auto aux stands. Prenant des chronos sur cette ligne droite, il est persuadé que je triche et que j'ai trouvé un truc pour enlever le limiteur de régime... ce qui est impossible à faire, le limiteur se trouvant de l'autre côté du tableau de bord, inaccessible depuis l'habitacle.

Constatant que ce dernier est bien en place, il s'amadoue pour la première fois envers moi et me sort "C'est bien. Tu tournes vite, propre, et je vois que tu contrôles bien l'auto".  Ma parole, mais il change, l'animal ! Ca n'empêche qu'en lisant par dessus son épaule les commentaires qu'il fait sur nous, j'ai juste le temps de voir qu'à mon sujet, il a noté : "ne freine pas avant la courbe Roger Duboscq".

Je n'ai pas ressenti de difficulté particulière à faible régime dans ce virage, mais comprenant que ça va me pénaliser pour la suite, je m'oblige à mettre un méchant coup de frein à chaque passage pour que ça se voit, tout en étant persuadé que je perds un temps fou ! De toute manière, comme on arrive à de plus hauts régimes  et une vitesse plus élevée, il devient vraiment nécessaire de freiner à ce virage pour transférer les masses et mettre le châssis en appui...

 

Jour après jour, des amitiés sont nées, et des groupes se sont formés selon les affinités.    Comprendre : les bien sages d'un côté, les déconneurs de l'autre !

Dans quel groupe croyez-vous que nous sommes ?

On est toujours ensemble lorsqu' il y a interruption des cours, et partageons nos repas midi et soir.

Au passage, on a les preuves que le Gers fait bien partie des meilleurs coins en terme de gastronomie : c'est le temple du canard. Tous les jours, cuisine à base de magrets, confits et foie gras... sans compter, le soir, Madiran et Armagnac ! Non seulement on mangeait très bien mais de surcroît, ça coûtait des clopinettes à l'époque. Parfois, c'était dur de remonter dans les monoplaces l'après-midi...!

 

Nous arrivons aux choses sérieuses : le stade des demi-finales, dont il sortira 6 finalistes. Et à l'issue de cette finale sera désigné le vainqueur du Volant Motul Nogaro. Celui-ci sera intégré à l'écurie de course et disputera l'année  suivante  le Championnat de France de Formule Renault, avec matériel à sa disposition et tous frais payés. Et un deuxième pilote complètera l'Equipe. L'écurie étant basée sur le circuit même, nous sommes bien sûr allés traîner nos guêtres du côté des ateliers où sont préparées les monoplaces de course.

Discutant avec les mécanos, on apprend qu'en championnat F.R., il faut disposer de 3 moteurs et 4 boîtes dans l'année pour être dans le coup...!  en 1979 !

D'où l'intérêt de décrocher ce Volant, et le budget qui va avec... Et sachez qu'à cette époque, on trouvait les fameuses Jupes coulissantes - interdites ensuite - sur  des Formules Renault !  Les gars du Team nous avaient aussi appris que les patins d' étanchéité en Téflon, nécessaires à la création d'effet de sol coûtaient une véritable fortune, rognant une bonne partie du budget du pilote lauréat... Mais il fallait impérativement les avoir cette année-là, pour être devant...

Lors de ces discussions avec les mécanos, on a enfin compris la raison de l'accueil glacial que JC Lhoro nous avait réservé à notre arrivée : les deux derniers lauréats  du Volant MOTUL s'appelaient : Philippe STREIFF et Bertrand BALAS, tous deux Grenoblois (et même Corençais,  ce sont des copains d'enfance !). Si ça s'était très bien passé avec Philippe, qui avait joué les premiers rôles deux ans avant, et s'en était donné les moyens, le courant était beaucoup moins bien passé entre Bertrand et Lhoro, qui officiait aussi comme directeur du team... On nous a dit que Bertrand, entre autres, rechignait à monter ces fameux patins téflon. Ils ne duraient que le temps d'une course. Mais ne pas les utiliser, c'était se condamner à reculer. Et Lhoro ne l'avait pas pardonné à Bertrand...  Il faut se rappeler du niveau énorme de la F.R. à cette époque, avec d'importants moyens pour des teams comme ELF, SHELL, BP ou UFP... et des pilotes comme Prost, Pironi, Arnoux, Ferté, Alliot, Snobeck et tant d'autres... ce qui les amenait ensuite à la FRE, F3 ou 2, puis la F1.

Inutile de vous rappeler la carrière qu'ont pu avoir ces illustres pilotes par la suite.

En tous cas, ça nous expliquait l'aversion de Lhoro pour les grenoblois... Mais on avait quand même un peu l'impression de payer pour d'autres.

 

Le coup de grâce m'a été donné lors d'un repas en commun, en demi-finales. On faisait nos pronostics  sur nos chances respectives, et bien sûr, ça tournait à :

- Cet après-midi, je vais tous vous pourrir ! (air connu...)  

Un copain savoyard, Daniel Carret, nous sort

- Il y en a un qui va fort, c'est Gilles...

Un autre lui répond alors :

- Ouais, c'est vrai. Il va nous emmerder...

Daniel, de nouveau :

- Bon, on verra bien qui sont les 6 finalistes... Mais le Volant, de toutes manières... c'est pour ALESSANDRA ... 

- Oui, t'as raison, lui répondent les autres...

Là, je bondis : 

- Comment ça, c'est pour Alessandra ? Vous plaisantez les mecs ? On n’a  pas encore disputé les demi-finales. Et Alessandra, je ne l'ai pas vu tourner plus vite que certains d'entre nous. Alors ? Pourquoi ça lui serait réservé ?

- Parce qu'il connait pas mal de monde ici, et qu'il a déjà fait de bons résultats en circuit. C'est celui qui a le plus d'expérience... Et à mon avis, c'est ROGER qui sera le deuxième pilote, pour les mêmes raisons

 

J'étais stupéfait par ce que je venais d'entendre ! C'est qu'ils avaient l'air tous d'accord avec ce raisonnement... Et moi qui croyais que ça se jouerait à la loyale, sur la piste ! Autant vous dire que je suis tombé de haut.

Complètement abasourdi, je suis sorti du restaurant, dégouté... Ca devait se voir, car Daniel me rejoint et me dit :

- Tu sais, faut pas que tu aies des regrets. Même si tu te qualifies, tu n'as aucune chance de gagner le Volant. Et ce n’est pas à cause d'Alessandra...

Regard incompréhensif de ma part

- Je suis dans le même cas que toi. T'as 26 ans. Ils veulent des jeunes de 18-20 ans, pas plus. Tu ne les intéresses pas pour le futur.

 

Le temps d'un repas, j'ai ainsi appris comment les choses se passaient dans le monde du circuit...

Mais loin de me décourager, ça m'a, au contraire, donné une motivation supplémentaire et j'ai joué crânement ma chance ("Vous m'aurez pas comme ça !").

On était montés progressivement de 3500, puis 4000, à deux séries à 4500 t/mns, et ça commençait à devenir vraiment sympa. On sentait qu'on avait franchi un palier, et depuis la simple conduite de débutant, on était  arrivés au réel pilotage  pour ces qualifications.

Bien entendu, chaque fois qu'on descendait de la monoplace, on voulait absolument savoir quel temps on avait fait !

Mais Lhoro, imperturbable, nous répondait : "vous n'avez pas à le savoir... Les chronos, il n'y a que moi qui m'en occupe... Et de toutes façons, ce n'est pas le seul critère de mon jugement..." Du coup, on comptait sur les copains planqués et  postés plus loin pour nous renseigner : "Combien j'ai fait ? Combien j'ai fait ? J'étais propre ?"

Ce que j'ai toujours trouvé incroyable (et anormal) à Nogaro, c'est que ce Lhoro était UNIQUE juge et sélectionneur. Autant dire que c'était le "fait du Prince", et comme on l'a compris, il avait ses têtes...

Toutes les autres écoles de pilotages, Le Castellet, Magny-Cours, La Châtre, etc. formaient des comités de sélection, où figuraient moniteurs, directeur d'école, mais aussi des membres extérieurs, comme directeurs d'écurie, pilotes, voire journalistes... Ca n'empêchait sûrement pas le protectionnisme, mais on peut penser que ça égalisait un peu les chances. A Nogaro, le jury n'apparaissait qu'en finale, et jugeait les pilotes  uniquement sélectionnés par Lhoro, puisqu'il n'y avait aucun autre moniteur que lui...

De plus, il était impossible à Nogaro d'avoir une vue d'ensemble du circuit (on est en 79, n'oubliez pas… aucune caméra à l'époque.) Donc, Lhoro ne jugeait que ce qu'il pouvait apercevoir d'où il se trouvait. Or, on peut très bien signer un bon chrono tout en ayant fait une grosse "figure "à un endroit éloigné... C'est pourquoi ce système si particulier m'a toujours paru partial et injuste. Mais qu'y faire... ?

 

Pour faire bonne mesure, on nous annonça, à l'issue de ces demi-finales, que nous pouvions rentrer chez nous. Les temps réalisés pour chacun nous seraient envoyés par courrier, ainsi que les noms des 6 finalistes retenus, avec la date de convocation pour la finale... en nous précisant qu'il était inutile de téléphoner au circuit pour avoir des nouvelles...

Ce con de Lhoro, toujours avec son petit sourire mesquin, s'était même senti obligé de nous dire que ce serait TRES TRES mal vu de le faire...gna-gna-gna ...

(une envie de lui en mettre une ! et j'étais pas le seul ! )

De retour sur Grenoble, il fallut patienter plusieurs semaines pour connaître la suite.

Et un beau jour, j'ai enfin trouvé une lettre en provenance de Nogaro.

 

Là, je découvre les noms des 6 finalistes... où je ne figure pas...

Puis suit la liste des temps réalisés par l'ensemble des concurrents... Stupéfaction :

J'ai fait le meilleur temps, largement, sans me mettre en vrac, sans surrégime, et je ne suis pas convié à la finale...

Pire, je découvre qu'un autre type, nommé Abadie, est sélectionné.  Là, c'est encore autre chose : c'était un gars du coin, qui ne venait pratiquement jamais tourner en même temps que nous. On nous avait vaguement dit qu'il avait peu de temps à cause de son travail, et que Lhoro lui faisait des facilités sur sa présence.

Il tournait en fin d'après-midi, après nous.  Visiblement et auditivement sans limiteur. Sur le moment, ça nous faisait marrer, car Lhoro nous faisait carrément la guerre avec ce dispositif qu'il ne cessait de contrôler dans la journée.

J'ai beaucoup moins ri quand j'ai vu qu'il avait été chronométré et sélectionné sans  limiteur de régime, avec un temps impossible à réaliser sans ce dispositif...

Mais c'était un pote de Lhoro.

 

Surtout, je n'ai jamais digéré de n'avoir jamais su pourquoi je ne figurais pas dans les finalistes.  Aucun coup de téléphone, aucune lettre explicative...

Mais il est probable que les vraies raisons en soient énoncées plus haut... sur des apparences, et des faits qui m'échappaient.

Ce que j'ai gardé longtemps en travers de la gorge est de n'avoir pu participer à la finale, à haut régime et à la baston avec les autres.

Ne pas gagner  le Volant, en revanche, n' a  pas été un regret. Ca n'était pas mon objectif.

Et à supposer que je le remporte, honnêtement j'aurais été le premier embêté ! Comment aurais-je fait pour l'assumer ?  Il valait donc mieux que gagne quelqu'un libre de tout engagement.

 

Et comme annoncé avant les demi-finales, le Volant a été attribué à Marc Alessandra...et le deuxième pilote a été  Hervé Roger...

 

Sachez enfin que j'ai accompagné notre ami Duss' la saison suivante sur quelques circuits. Comme prévu, il avait fait l'acquisition d'une splendide GERI RB4, avec laquelle il a disputé la Coupe de L'Avenir. Ce championnat se disputait les mêmes week-end que celui de Formule Renault, ce qui m'a permis de le suivre.

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'équipe Motul Nogaro n'a pas brillé, contrairement aux années précédentes...

Y a une justice, comme dirait l'autre ...

 

Vous verrez aussi sur le tableau suivant que Jean-Luc Taillade n'était pas à son affaire, le pauvre, loin s'en faut.

Il l'avait d'ailleurs très bien pris, admettant que l'exercice était bien plus difficile qu'il ne l'avait supposé en arrivant, et promettant qu'à l'avenir, il serait bien plus indulgents avec les pilotes !!!

Pour ma part, très déçu et écœuré par ce système vicié, j'ai alors juré qu'il pleuvrait des curés tout habillés avant qu'on ne me revoie sur une piste...

 

Mais depuis, quelqu'un s'est chargé de me venger en circuit, et de quelle manière !

Comme je le dis souvent, il y en a UN qui avance dans la famille  !!!       Merci, Edo !!!

 

J'ai quand même bien rigolé de constater que le monde est vraiment tout petit en sport auto, en voyant que J-Luc Taillade, 32 ans après que je l'aie connu, interviewait mon propre neveu !

(Il va se prendre une grosse indemnité quand il partira à la retraite, vu son ancienneté ! )



photo-volant-motul-1979.jpg1979-volant-motul-nogaro.pdf

 

 

Commentaires (4)

2. Ledfrem (site web) 27/06/2012

Bonjour Gilles, on ne se connait pas... mais il nous reste du temps !!! c'est en discutant avec des amis et en cherchant quelle était l'année où Marc Alessandra avait gagné le Volant Motul que je suis tombé sur ton post. J'ai participé au Volant Motul en 1989, 10 ans plus tard...pile poil. Et ce qui est marrant c'est que j'habite à une poignée de centaine de mètres de Marc que... je n'ai jamais rencontré !!! Ton article m'a passionné et j'ai halluciné en me rendant compte que ce brave Jean Claude Lhoro (parce que ce n'est pas un méchant garçon) n'avait pas changé dix ans plus tard !!!! petit résumé : On est à la fin des sélections pour les demi finales. Il y avait 4 groupes - convoqués à des dates différentes - dont les 3 meilleurs iraient en demi-finales (ou 3 groupes dont les 4... je sais plus) J'ai fait (mais je ne le sais pas encore) tous les meilleurs temps de toutes les séries de mon groupe... Il en reste une... Jean Claude me prend à part et me dit texto : " ne fais pas le con pour la dernière, assure le coup de toute manière tu as fait tous les meilleurs temps, c'est bon pour toi, ne vas pas me faire bêtement un tête à queue éliminatoire"
Fort de cette info (dont plus de 20 ans après je ne sais toujours pas pourquoi je l'ai eue) je suis ses conseils et calme le jeu dans la dernière.

"Ceux qui sont sélectionnés recevront une convocation pour les demi finales tel jour dernier délai"

Je repars confiant du Gers et guette le facteur chacun des jours suivants. La date fatidique étant arrivée je me mets à angoisser sévère car aucun courrier imbibé d'Armagnac ne m'est parvenu...

Je décroche mon téléphone et appelle au circuit pour m'enquérir d'un éventuel retard ou erreur... non Monsieur, me répond-on, vous n'êtes pas sélectionné pour les demi finales...

Ouch !!!! douche glacée... c'est pas possible il doit y avoir une erreur

l'après midi je redécroche mon tél :

- Bonjour je voudrais parler à Jean Claude Lhoro
- de la part ?
- Frédéric Lajoux
un instant s'écoule
- il n'est pas disponible il donne des cours sur le circuit...

je réessaye une fois, deux fois, trois fois...

comprenant que je ne lâcherait pas l'affaire comme ça il finit par me prendre. Devant mon incrédulité il m'explique que même si j'avais fait des bons chronos, je n'avais pas été le plus rapide dans la dernière série, la plus rapide (régime maxi) et donc la plus importante...

re- ouch et re-douche glacée ! je lui remémore notre conversation en aparté. au bout de plusieurs minutes de tractation il finit par me dire :
(je jure sur la tête de mes deux filles que c'est la stricte vérité)
- écoute viens aux demi finales, je te fais envoyer une convocation mais ça sera très dur pour toi, c'est perdu d'avance.
- pas de problème, on verra bien

me voici donc le 13ème demi finaliste (peut être que certains cherchent encore pourquoi nous étions 13 !!!) façon marchand de tapis.

Quelques semaines plus tard, devant un Jury présidé par François Chatriot et dont faisait partie un certain Jean Luc Taillade je deviens le Lauréat du Volant Motul Nogaro 1989 et donc Pilote Motul 1990, saison au cours de laquelle je rencontre et lie une amitié de plus de 20 ans avec un certain Philippe Sinault qui bien plus tard fera courir et gagner un jeune talent nommé Edoardo Mortatara...

Sportivement
Fred Lajoux
email : fl@miti.mc
site web : www.miti.mc

3. gilles 08/06/2012

Tu as raison , Christian . C'est bien le même Antoine Chanet .
Je l'ai connu à une époque où on faisait du Kart à Crolles avec Ph.Streiff et Lionel Favier . Je crois qu'il a aussi couru en Auto .

4. christian 07/06/2012

quelle mémoire! j'avais oublié cet épisode....
Antoine Chanet en bas de tableau, c'est le grenoblois
(qui m'a fait mon assistance au Vercors)????

Ajouter un commentaire