2012 : La saison poissarde...

Amis du Sport, bonsport !

Voici longtemps que je n'ai pas publié de nouvelle chronique. Les raisons en sont simples :

  1. On n'avait pas beaucoup "d'actu" à vous proposer et
  2. Je n'avais pas trop envie d'écrire. Un peu lassant de raconter mes "galères". Je préfèrerais parler de plaisir. Vous allez comprendre pourquoi en lisant ce qui suit.

L'essence même de ce qui nous motive, en effet, outre de notre amour immodéré pour les bagnoles, c'est la compétition... La compétition, par définition, implique de se battre, contre un chrono, un adversaire, parfois contre soi-même. C'est justement ce qui m'a fait défaut depuis... plus d'un an !  Ça commence à faire un peu longuet, vous en conviendrez.

Voici relatées, pour comprendre mon propos, nos pérégrinations de la saison en cours.


RALLYE DES VINS DU GARD - 17 et 18 mars :  

mon ancien préparateur m'ayant annoncé son départ à la retraite en ce début d'année, je lui ai demandé de préparer la voiture et nous avons choisi avec Pascal de courir un petit rallye régional pour jauger où nous en sommes. Vous vous souvenez peut-être que nous avons couru l'an dernier un seul rallye, le Drôme Friedman, avec un moteur refait à neuf et doté d'un limiteur de régime que Cappello a voulu absolument monter. J'ai aussi "couru" Chamrousse dans ces conditions. Le moins qu'on puisse dire est qu'on n'était pas collés aux sièges tant ce moulin bridé était poussif.

Malgré mon insistance, Cappello n'a pas voulu le démonter, prétextant qu'il l'avait réglé plus haut et qu'en cas de besoin il m'avait mis un allumeur "no limit" dans la voiture. Là-dessus, il a fermé son garage, tout en me rendant l'auto à la dernière minute... Comme d'hab'...

On a vite compris : sur la route qui descend d'Uzès à Remoulins, pour présenter l'auto aux vérifs, je m'aperçois que, comme avant, le moteur est limité obstinément à 5000 t/mn... On prend ainsi le départ, et 1 km après, BEUEUeueueh... Moteur coupé !...Coups de démarreur successifs... On arrive à repartir tant bien que mal. Je ne tire plus que 4500 pour ne pas arriver à la limite. La 2ème ES est du même acabit. Nous n'avons pas d'assistance et décidons de changer la tête d'allumeur nous-mêmes. Impossible à monter... Il ne s'agit pas du bon modèle, et, ne croyant pas avoir à m'en servir, je n'ai pas pensé à le vérifier... Merci Cappello !

Résultat :  6èmes sur 6 classés. A la traine du début à la fin. Je suis ravi.

 

RALLYE GRASSE ALPIN - 30  mars au 1er avril

Là c'est Christian et Anne qui officient, avec l'Alfetta GTV 6, dûment préparée.  Un plateau relevé de gros clients qui connaissent le parcours par coeur, mais nos amis le connaissent très bien eux aussi. Ils auront, eux, le bonheur de passer la ligne d'arrivée dans de bonnes conditions, et en ayant pu réaliser des chronos très rapides. Quelques soucis ne les empêcheront pas de signer une magnifique 4ème place Scratch, derrière 2 Porsche et une grosse Escort, mais laissant derrière eux pas mal de beau monde !  

Super ! Bravo !

 

RALLYE DU GARD - 19 et 20 mai

Première édition de ce rallye en VHC, doublant le "moderne". Je me fais une fête d'y participer, car je sais que l'ami Olivier Salelles s'est beaucoup impliqué dans son organisation. Les concurrents ont d'ailleurs répondu présent, puisque nous sommes 18 engagés, ce qui est rare pour une épreuve naissante. Le parcours est prometteur, les routes et abords magnifiques. Et je vais rouler avec un nouvel équipier expérimenté, Régis Pomarès, avec qui je me sens tout de suite à l'aise et en courant de sympathie. Bien entendu, la plupart des participants sont du coin et connaissent bien la région mais j'ai l'habitude, préférant la découverte à la routine des mêmes épreuves sempiternellement disputées, à chacun ses goûts. Pour l'anecdote, Pascal et moi sommes maintenant licenciés à l' ASA Alès, choisie pour son dynamisme. Pourtant on n'y connait pas encore grand monde et ça me fait tout drôle de figurer comme un "local" dans les engagés, ne connaissant aucune route ici !!

J'ai auparavant confié la BM à un spécialiste lyonnais qu'on m'a recommandé. Il connait très bien la 2002, d'après ce qu'on m'en a dit. Vu le peu de temps dont on dispose, je lui ai demandé une mise au point-moteur... et bien entendu de virer ce foutu limiteur que je subis depuis un an. Voiture livrée... devinez quand... gagné ! Á la dernière minute ! Je n'ai pas pu faire 1 mètre d'essai.

La plaque tournante du rallye est située à Bessèges. Fabrice, qui m'a vendu la BM, est également participant et me propose d'assurer l'assistance.  Etant logés à quelques kilomètres de là, nous décidons avec Régis de faire un roulage d'essai en allant laver la voiture. Et au retour le moulin se met à tourner sur 3 cylindres... Le lavage en serait-il responsable ? C'est douteux... Les mécanos ne sont pas encore là et nous devons présenter l'auto aux vérifs. Mise en Parc Fermé, plus question d'y toucher.  Une assistance de 15 mn est prévue avant la 1ère ES et nous espérons que les mécanos pourront nous faire un réglage. Pendant plus de 10 minutes ils s'escrimeront à la refaire tourner rond en réglant l'allumage. Rien à faire. Et deux minutes avant le pointage, Olivier Salelles a l'idée de regarder de l'autre côté du moulin, côté alimentation.

"Tu as perdu les vis de blocage des diffuseurs de carbus !" s'écrie t-il. Éberlué par cette annonce, je suis obligé de partir dans ces conditions. Régis, en effet, me rappelle à l'ordre car nous devons pointer sous peine de pénalisation. Les gars ont juste le temps de me dire qu'ils répareront à la prochaine assistance... Oh, je vous dis pas comment se passe ce 1er tour !  Entièrement sur 3, puis 2 cylindres, en roulant à 30 à l'heure... Combien de fois le moteur a t-il coupé avant l'assistance ? Combien de bricolages Régis a t-il effectués, parfois au tournevis, parfois avec un... crayon (!) pour que ce foutu moulin reparte ?  Et enfin l'on s'aperçoit qu'une épaisse fumée s'échappe à l'arrière...

Segmentation ?  Dans le doute, on décide d'arrêter les dégâts... sans avoir pu rouler UN SEUL MÈTRE normalement... Encore pire qu'au Vins du Gard...

Je suis écœuré, dégouté, vidé, désespéré................................................................................................................................................................

Une chose fait l'unanimité autour de moi, tous les techniciens, pilotes, préparateurs et mécanos sont formels : ces vis n'ont pu tomber que par manque de serrage, donc par négligence ou par oubli. Or, le dernier à avoir touché ces vis pour régler le moulin est le  super-préparateur lyonnais...

Lui demandant une explication, il aura le culot de prétendre que les cahots sur la remorque sont certainement responsables de la perte de ces vis...!

Pas de bol pour lui : Lyon-Grenoble, puis Grenoble-Bollène, c'est tout par autoroute. Et Bollène-Bessèges, c'est de la nationale roulante...

Je suis d'autant plus sidéré par sa mauvaise foi qu'en prenant l'auto chez lui, il m'avait sorti, angélique : "au fait, votre volant est cassé en deux. C'est pas prudent de rouler en rallye comme ça."  Mais bien sûr !  Je suis trop con pour n'avoir pas vu que mon volant était cassé en lui amenant l'auto... Ca ne se sent pas ! Ou : tout le monde sait bien qu'un volant, ça se casse la nuit, sournoisement, dans les garages, pendant que le loup n'y est pas...

J'ai compris : celui-là, ce sera la 1ère ET dernière fois que je le vois.

Devant ce désastre, proche de tout laisser  tomber, j'ai alors une discussion avec Patrice Deriémont, concurrent du rallye en Talbot-Lotus, et navigué par Anne Marie, la femme de Régis. Je connais bien sûr son nom depuis les années 75, car nous avons roulé en Rallye 2 étant d'jeuns, mais on ne s'était jamais rencontrés. Il voit bien que je suis dans une impasse. Quel que soit le "préparateur" à qui je confie ma voiture, elle ne marche pas. J'ai la très forte impression d'avoir la caisse la plus compliquée du monde mécaniquement parlant... A moins que je ne sois devenu le grand spécialiste pour dégoter des "charlots" (je penche pour cette 2ème hypothèse). Patrice me parle alors de son préparateur, Bruno Blasco, qui s'occupe de la Talbot. Il me loue son sérieux, me conseille de  lui amener ma caisse pour diagnostiquer le problème moteur. Il me dit avoir aussi connu de nombreux soucis dans le passé avant de penser les choses autrement :  au lieu de toujours demander à ce que les voitures soient prêtes pour les courses ET les récupérer à la dernière minute (traduction : après avoir payé les factures d'un travail dont on a pas pu juger la qualité...) il est préférable de les faire préparer, MENER DES ESSAIS, et ne s'engager qu'ensuite.

"Bon sang, mais c'est bien sûr !" aurait dit le Commissaire Bourrel. Il devient évident que je prends les choses à l'envers.

Fort de ce conseil avisé, je descends la BM  à Castries, à côté de Montpellier, après m'être mis d'accord avec Blasco sur le travail à mener.

Nous avions prévu, avec Christian, de disputer un rallye ensemble cette année, ce que nous n'avons pu faire depuis un certain temps. Il n'en est évidemment plus question car je ne veux plus continuer comme ça.  Il se trouve que nous en avions l'opportunité dans le Dauphiné, dont l'ASA semble s'être enfin rendu compte que les VH sont devenus incontournables dans l'organisation d'une épreuve automobile... Nous voulions nous y engager pour les encourager mais...

Christian et Anne disputeront donc seuls le...

 

RALLYE DE LA MATHEYSINE - 2 et 3 juin :

1ère édition VH, doublant le moderne... et 3 engagés seulement - à comparer aux 18 du rallye du Gard.

Eh oui, bonnes gens du Dauphiné, ancien terroir de fameuses épreuves automobiles, ancien réservoir de pilotes au palmarès prestigieux.  Lorsqu'on arrive après la bataille, genre Carabiniers d'Offenbach, on ne peut s'attendre à mieux. De nombreuses courses ont trouvé leur public ailleurs, depuis plusieurs années, et le calendrier ne fait que 52 semaines... 'Faudra persister... Et puisque je ne cours pas comme c'était prévu, ça réduit la liste d"engagés de... 25%... Enorme !

Nos amis seront toutefois loin de se sentir seuls. Ils vont disposer d'une forte équipe pour les soutenir :

  • En premier lieu Olivier, dont l'auberge des 4 Chemins à N.D. de Vaulx  est idéalement située sur le parcours. Il les loge et leur a mitonné une cuisine hyper diététique dont il a le secret. Tous ceux qui ont déjà mangé chez lui peuvent en attester : c'est du light !  De plus, UNE carafe d'eau est à la disposition de la clientèle (c'est toujours la même qu'on se repasse ! Curieux, non ?).
  • Puis, François, mécano émérite, s'occupera de bichonner l'Alfetta, ce qui va le changer des mécaniques modern-heu sur lesquelles il travaillera aussi sur ce rallye. Il est enthousiaste à cette idée, et on le comprend : le V6 Alfa et sa sonorité typique, ça change des 4cyl des modernes aseptisées, atmos ou turbos qu'on entend trop, jusqu'à ne plus y préter attention. On a des caisses pour homme, nous, môssieur. Pas de ces trucs "Kleenex" d'aujourd'hui qui n'ont pas d'âme...
  • De plus, belle surprise, Christian Dussert est venu apporter son soutien. On a couru, là aussi, en Rallye 2 dans les années 75 avec lui. Aujourd'hui, quoique fana de golf  - pas l' auto, hein ? - il court encore quelques épreuves en VHRS. Mais les 2 Christian ne s'étaient pas revus depuis quelques années. Le plaisir de se retrouver n'est pas dissimulé.
  • Egalement Jean Marc, notre tailleur de pierres-mécano-cuistot-apiculteur-chasseur-golfeur (ouf) a fait aussi le déplacement, de même qu'il était venu au rallye du Gard me supporter dans un premier temps, ...et me réconforter ensuite.
  • Enfin , ils m'auront, moi, avec mes quelques références : 
    • MASTER de lavage de parebrise à l'Université de Moose Jaw. (Province du Saskatchewan, Canada )
    • DESS de remplissage de réservoir à l'entonnoir (le plus dur) à l'Institut Polytechnique de Bains les Bains (Vosges, France)
    • GRADUATE of CICERO HIGH SCHOOL TECHNOLOGY (Etat d'Illinois, USA), spécialisation Coaching mental des équipages.


Y peuvent pas perdre !

 

Littéralement dopé par cet impressionnant entourage, Christian part si fort qu'il effectue un tout droit dans une Spéciale ! Et se retrouve 3ème sur 3 le samedi soir, avec une BM devant lui. Ca le perturbe car il n'a pas l'habitude !

Je me charge alors de lui appliquer ma méthode universellement reconnue de préparation au combat, en vue du lendemain :

YOGA, FREE FIGHT, ET BOISSONS DIVERSES

(Je l'ai enseignée aux Navy Seals, et je peux vous dire que ça marche. Demandez aux Afghans.) 

Ca va porter ses fruits, puisqu'il arrache de haute lutte la 2ème place à la BM... dans la dernière Spéciale !     OUOUOUAIS !

-  Faut jamais rien lâcher, comme disait un Pitbull de ma cité -

Cette 2ème place sera arrosée comme il se doit chez Oliv', bloqué à son restau par la Fête des Mères, dont on décide immédiatement de faire partie. Si,si.

 


L' été est passé là dessus, et devant le gros travail à mener sur la BM, je n'ai pas couru cette année à Chamrousse. Puis, vers la mi-août, Patrice Deriemont me pose un jour cette innocente question : "maintenant que ta voiture va être refaite sérieusement, quelle épreuve penses-tu courir pour ta rentrée ?" Ben là, il me pose une colle, car je n'y ai pas réfléchi. Je me suis mis d'accord avec Bruno pour effectuer préalablement des essais avant de m'engager dans une quelconque course, mais après ?

Et Patrice de m'assener tranquillement  "moi, en octobre, je me suis engagé au Tour de Corse, comme l'an dernier. Et Bruno viendra me faire l'assistance avec Mathieu, un autre mécano". LE CORSE !  Oh, qu'il me fait envie, l'animal ! Le plus beau des rallies, un des plus longs et plus durs existants...

Je peux vous dire que ça bouillonne, dans ma caboche ! 

                                                                                 Et si ...?   Et si ...?   Et si... Je tentais le coup !!

 

Il faut savoir que Bruno, Patrice et Régis m'ont souvent tenu au courant de l'avancement des travaux sur ma voiture.  Entre autres, Bruno a entièrement démonté le moulin pour comprendre ce qui a pu se passer lors des nombreuses pannes qui m'ont affecté en début de saison. Et vu ce qu'il a trouvé , elle ne risquait pas de marcher !

Pour faire court, arbre à cames décalé (merci, Cappello) et guide de soupape tombé (c'est ce qui provoquait cette importante fumée au Gard). Rien que ça...

Les travaux de remontage ayant pris fin, j'ai fait doter la BM d'un tube d'échappement au même diamètre que le collecteur. Ca paraît anodin, mais cela faisait deux ans que je n'arrivait pas à doter la voiture de cet équipement. Pourquoi ? Parce qu'on refaisait toujours les mêmes travaux dans l'urgence !

Un exemple ? Au Gard, ma pédale d'accelerateur s'est barrée pour la... 3ème fois ! Et à chaque fois, on me l'a refacturée en m'assurant que ça n'arriverait plus.

Là, enfin, Bruno m'a refait la commande avec une charnière digne de ce nom, et la pédale est bloquée par une goupille. Il m'aura fallu, là aussi, deux ans pour être tranquille avec ça !  Incroyable, mais hélas vrai.

Mi-septembre, la BM se réveille après de longs travaux et pousse son premier jappement. Ca fait du bien de la réentendre tourner rond. J'effectue un rodage, accompagné par Patrice et 15 jours plus tard nous voilà pour une séance d'essai au bord du Pole Mécanique d'Alès. Celui-ci a pour particularité de posséder en plus d'un circuit, une route de 2 kms "spéciale de rallye" avec de nombreux types de courbe, des profils en dévers, en montée, en descente, pifs-pafs, bosses et compressions. C'est idéal pour tester nos autos. Nous avons également pris rendez-vous sur un banc-moteur. Depuis qu'il a été refait, mon moulin n'y est jamais passé : ça me permettra enfin de connaître sa puissance, sa courbe de couple et le régime auquel il développe sa puissance maximum.

De surcroît , mes carbus reviennent de révision et nous pourrons déterminer quels sont les gicleurs optimaux à tous les régimes.

Patrice, dont la Talbot est en ordre de marche et ne nécessite qu'un bref passage au banc, enchaîne joyeusement les séries de tours. Ca nous donne l'occasion d'entendre les montées en régime de la Talbot Lotus. Oh, punaise ! Ca fait pas semblant ! Ayant l'opportunité de monter à ses côtés, je peux saisir l'efficacité de sa machine, notamment sur une forte compression en montée où il lève à peine le pied. L'auto ne "tape" même pas ! Et Patrice de me dire qu'il pourrait passer sans lever du tout... Ben, pas question de faire ça avec la BM, je peux vous l'assurer... Je fais une série de tours avec Bruno à bord, qui écoute les montées en régime, et accompagné de son ordi. Puis nous nous rendons à l'atelier où l'auto va passer son test-moteur.

Ca se passe bien, au début. Nous sommes tous là à écouter le moulin, et à haut régime, croyez-moi, ça hurle ! Là, j'ai la banane !  Entre chaque essai Bruno installe des gicleurs différents, et l'écran du moniteur indique les progrès de réglage à tous les régimes. Le gars qui possède ce banc, installé dans l'auto, a fini par mettre un casque anti-bruit sur les oreilles, et vient de me dire "dans l'auto c'est infernal, votre transmission fait tellement de bruit que je n'entends plus le moteur..."

J' ai à peine le temps de m'étonner de ces paroles qu'un nouvel essai est en cours. Le  moulin monte, monte, 5000, 5500, frôle les 6000, et... BAAAAAM !!! Une gerbe d'étincelles a jailli de sous la voiture. Le gars a immédiatemment tout coupé... Seul subsiste l'angoissant bruit des roues qui décélèrent, interminablement.

Arbre de transmission explosé !  et les dégâts ne s'arrêtent pas là.  Mon beau tube d'échappement tout neuf est aplati comme une limande, une canalisation de freins suinte et surtout, la coque a été découpée au niveau du tunnel de transmission... La banane est retombée... Bon Dieu, j'avais bien besoin de ça...

Il vaut cependant mieux que ce soit arrivé sur le banc. En pleine ligne droite c'était le surrégime assuré et un nouveau moteur à refaire. Et en courbe, le trou ou le tonneau de façon certaine. Or dans quinze jours nous embarquons pour l'Ile de Beauté.  La liste des engagés pour le Tour de Corse Historique était en effet déjà pleine mais Patrice a plaidé ma cause auprès d' Yves Loubet, co-organisateur du TdC  et ancien rallyman de grand talent, au palmarès plus qu'élogieux. Yves était réputé pour son "attaque de feu", et pour son style "généreux ". Il a ainsi régalé les spectateurs pendant de longues années, ce qui a contribué à sa grande popularité. Il m'a profondemment réjoui en m'annoncant que j'étais pris en dernière minute !

En 15 jours, Bruno a réussi à réparer la voiture, sollicitant ses fournisseurs en urgence, carrossier, usineur en transmission, etc... Et, et, et... l'auto est prête à temps !

Je sais pourquoi ma transmission a cédé : l'arbre n'était pas équilibré pour les hauts régimes, mais surtout Cappello m'avait fait une soudure sur un croisillon de transmission, prétextant que ce serait aussi solide et moins cher que le neuf. L'usineur s'en est aperçu, et je sais maintenant, mais un peu tard, qu'on ne fait JAMAIS ça... J'en partage la responsabilité, car je n'aurais pas dû accepter un bricolage pareil. Quant aux économies de bout de chandelle, le coût de la réparation prouve une nouvelle fois qu'on devrait s'en abstenir... Quoiqu'il en soit, regardons vers le futur immédiat, car nous attend le

 

TOUR DE CORSE - 3 au 6 octobre : 

4 jours complets de course, incluant 4 villes étapes différentes :  Ile Rousse, où seront donnés départ et arrivée, St Florent, Porto et Porto Vecchio ! 1200 km au total... et 325 km de chrono !   Là, c'est pas pour les "chochottes", j'vous jure... De loin, la plus longue épreuve à laquelle j'ai pu participer, tant dans le passé qu'aujourd'hui. Ce rallye, si souvent suivi à la télé, à la radio, et même en suiveur (avec Duss' !) 

M'y voilà enfin comme concurrent ! Scoooooop : pour la toute première fois, je serais navigué par une femme ! Anne-Marie Pomarès, épouse de Régis, lui aussi engagé avec Augustin Cochin  venu avec ses deux frères, Jacques et Henry (ce sont les héritiers de l' hôpital parisien bien connu). Augustin et Régis courront sur un splendide Coupé Mercedes 350 SLC. Auto totalement inattendue en ce lieux, qu'on imagine peu à l'aise sur les routes tortueuses que nous allons parcourir...

Quant à Anne-Marie, ne voyez aucun sexisme au fait que je n'aie encore jamais couru avec une femme. L'occasion ne s'était jamais présentée, tout simplement.

Restons dans les relations familiales en vous disant que le fils de Régis et Anne-Marie, Fabien, sera aussi de la partie, en naviguant Alain Muller, sur Opel Ascona I 2000, engagée en "Classic".

C'est une catégorie à part pour les voitures ne possédant pas de Passeport Technique Historique... Et pour cause : la plupart du temps elle ne répondent pas à ce qui caractérise nos autos. Elle n'ont d'ancienne que leur carte grise et sont bien souvent reconstruites à partir de coques neuves. Cela leur permet aussi d'outrepasser allègrement les notions de puissance, poids, rigidité, freinage des modèles originaux. Pour nous, ça ne veut plus rien dire, mais qu'y faire sinon pester une nouvelle fois contre ceux qui tolèrent ces abus manifestes ? C'est un sujet devenu récurrent : le spectateur placé au bord de la route ne peut comprendre pourquoi deux autos, l'une véritablement ancienne et limitée par son architecture d'origine, l'autre  à l'apparence similaire mais bien plus puissante, ont des performances si éloignées. Et nous, nous passons pour des "clowns", des "tanches", des "jambons", des "pinces"... Appelez ça comme vous voudrez, mais les faits sont là. Si l'on sait que certaines autos issues du"Classic" glissent de plus en plus vers le VH, donc HOMOLOGUEES, ça n'a plus aucun sens... Deux poids, deux mesures : mais que fait le gouvernement, nom d'une saucisse ?

 

A l'embarcadère de Marseille, de nombreuses remorques se mêlent aux nôtres pour s'engouffrer dans les ferries. Ca a déjà fière allure, je peux vous l'assurer.

Traversée joyeuse en nocturne et arrivée à l'aube à Bastia. De là  nous tractons la BM direction Ile Rousse, où nous la déposerons jusqu'à la fin de nos reconnaissances du parcours.  Nous disposerons pour cela de deux jours et demi, bénéficiant des notes que Yves Loubet a mis à disposition des concurrents qui le souhaitent. Le fait de ne pas avoir à dicter et écrire d'interminables pages de notes nous fera gagner un temps précieux.  Nous n'aurons toutefois dans ce délai que le temps de passer une seule fois partout. Croyez-moi on ne s'est pas amusés pour arriver à boucler le tour, devant même parcourir une ES de nuit, puis une autre de nuit + sous une forte pluie + brouillard  au-dessus d'Aléria !  Autant dire que je n'ai rien mémorisé dans ces conditions, mais la route nous obligeait de toute façon à passer par là. Pour vous donner une idée de l'importance de l'enjeu de ce rallye, nous avons appris que certains concurrents visant la victoire auront passé 15 jours en reconnaissances ! Rien que ça !

Je viens de vous parler de pluie, et c'est effectivement sous de fortes radées que nous passons ces premiers jours...

Ben alors ? La Corse n'est plus la Corse ou quoi ?   MAIS SI  !  Avant le départ, un beau soleil resurgit et s'installe durablement. Il nous accompagnera jusqu'après l'arrivée, rendant la fête plus belle encore... tout en nous simplifiant la vie quant au choix des pneus. Nous avons retrouvé Patrice et Jean Max, son copilote, accompagnés de leurs épouses. Eux, suite à une erreur de billets, ont débarqué à Propriano. Nous ne nous sommes pas croisés en recos mais ils sont avec nous pour accueillir Bruno et Mathieu, arrivés avec la Talbot. Toute la petite équipe se met à la préparation ultime des autos : les mécanos font les dernières vérifications, l'inventaire et la répartition du matériel. Quant à nous, vérifs administratives effectuées, nous bichonnons les autos, posons plaques et numéros de course.

Les 2 autos, toutes belles, sont prêtes pour les vérifs techniques qui ne poseront aucun problème. Et nous nous dirigeons pour les rentrer au Parc Fermé de départ.

WAOW ! Vous verriez la gueule du Parc ! Aucune "poubelle". C'est une débauche d'anciennes plus rutilantes les unes que les autres. Jamais vu ça !

Un festival de Lancia 037 (notre ami Pascal courra sur cette voiture, conduite par Patrick Canavese) de R5 Turbo, d'Alpine et Porsche d'époques différentes, d'Opel, d'Alfa,de Ford, de BMW, de... de... de...

Indescriptible !  Il faut voir photos et vidéos pour y croire .  

Car, tenez vous bien : le Tour 2012 comportera 220 concurrents (!) dont 130 VH, 75 VHRS (régularité) et 15 CLASSIC. Nettement plus qu'un rallye moderne. Ca cause un peu, là.

Avant le parc fermé, il fallait déjà voir les parkings des hôtels, pleins comme des oeufs de ces autos, entourées de nuées de mécaniciens et d'une tripotée de matériel dernier cri. On ne savait plus où se tourner tant l'activité était dense, ni où poser ses yeux tant c'était beau à voir.

Pour fixer les idées, il faut savoir qu'une forte inflation a touché les rallies d'anciennes. De nombreuses voitures coûtent aujourd'hui 150 à 200.000 €... Vous toussez ?

Ca n'est qu'une moyenne ! Flamby, si tu nous écoutes... Viens pas t'en méler, toi et tes guignols...

Comme les oeuvres d'art, il est difficile de donner un prix à certaines, fonction de leur rareté. 

Exemples :

  • Il nous est donné d'admirer une superbe MATRA DJET dite "Coupé Napoleon". La marque l'avait construite en vue du Tour de Corse, d'où son appellation dans les années 70,  et cette voiture... ne l'a jamais disputé à l'époque !  Tombée dans l'oubli, elle doit sa résurrection au travail acharné - et bénévole - d'anciens techniciens de la firme, ingénieurs et mécaniciens. Le résultat est époustouflant. Cette voiture n'existe qu'en un seul exemplaire au monde... Quelle émotion de contempler le célèbre "Bleu Matra" rehaussé du non moins célèbre "Vert Pescarolo". L'an dernier, l'auto a disputé le Tour pilotée par l'immense Henri... (Et une énorme surprise se prépare pour l'an prochain... - voire deux -, je vous en dirai un mot à la fin de ce récit.)
  • Un autre concurrent est présent avec une ABARTH coupé 1300 OT datant de 1965. Discutant avec lui entre 2 Spéciales de l'état magnifique de sa machine, il m'apprendra le lourd travail effectué pour la restaurer, le temps qu'il lui a fallu pour retrouver des pièces d'époque... et que seuls 4 exemplaires au monde sont aujourd'hui recensés...

Ces cas ne sont pas rares et il faudrait très longtemps pour discuter avec tel ou tel pilote des originalités de nombreuses autos présentes. On ne peut s'empêcher de penser au prix de la casse en cas de grave sortie de route, voire de trésors à jamais perdus. Quand on vous parle d'oeuvres d'art...

Ce rallye sera aussi l'occasion de voir ou revoir d'anciennes gloires du rallye, comme Bernard Fiorentino dont personne n'a oublié les exploits au volant des fameuses SIMCA CG qui ont mené la vie dure à ALPINE dans les années 70, donnant lieu à de formidables duels avec des pilotes comme J-Claude Andruet, présent lui aussi. Fiorentino n'a plus couru depuis de longues années, à la différence d'Andruet. Il est sorti exceptionellement de sa retraite pour cette épreuve prestigieuse.

Là encore, les exemples sont nombreux, et les journalistes et cameramen ont du pain sur la planche en matière d'interviews .

Plus près de nous, j'ai l'occasion de revoir avec plaisir un garçon comme Michel Vincent que j'ai connu dans les années 75. Il est engagé en VHRS sur Alfa 2000 Coupé, navigué par sa femme. Je n'ai curieusement plus revu Michel depuis de longues années, alors que son cabinet de dentiste se trouve à moins de 4 kms de chez moi.  C'est quand même pas à cause de sa profession ??? LOL !

 

Avant de vous parler de la course proprement dite, un mot sur les formidables moyens d'organisation que réclame cette légendaire épreuve :

Elle repose sur les deux piliers que sont Yves Loubet, dont j'ai parlé, et son acolyte José Andreani.  Lors d'une discussion il m'a appris que le  personnel nécessaire varie entre 1700  à 2500 personnes !!! Contrôleurs, chronométreurs, techniciens, administratifs, accueil, relations-concurrents, pompiers, assistance médicale, etc... Ahurissant. Ajoutez à cela les média, presse télévisée comme écrite, les assistances, qui vont du simple mécano à l'ingénieur informaticien (je sais, ça n'existait pas à l'époque. Quand je vous parle de dérive, ça en fait partie) l'important public local, mais aussi celui venu du continent...

Yves Loubet signalait également que de plus en plus il est sollicité par de nombreuses villes et villages souhaitant le passage du Tour, compte tenu des retombées économiques évidentes que génère cet évènement. Et je ne parle pas de l'accueil enthousiaste que nous a réservé la population. Chaque équipage pourra vous certifier que nous n'avons cessé de saluer, partout où nous passions, hommes, femmes et enfants. Il faut avoir vu les petites mémés agiter leurs mains parcheminées pour bien comprendre que nous sommes dans la dernière région de France qui ne soit pas autophobe. Et dire que nous avons inventé la Course Automobile...

Ce décor étant planté, vous êtes à même de saisir que pour la population corse toute entière, c'est un prolongement inespéré de la haute saison touristique. Combien de milliers de nuitées d’hôtellerie, combien de dizaines de milliers de repas les restaurants ont-ils servi ? sans compter les épiceries, les supermarchés ? Quant au chiffre d'affaires des sociétés de ferries assurant les traversées continent-Corse et retours depuis Marseille, Toulon ou Nice...

Essayez de faire ça avec un vide- grenier ou une course de VTT... Je prend les paris.

Allez, tout ça est bien joli, et je vous ai fait suffisamment patienter. Intéressons nous à ce que fut :


LA COURSE


Sortie du Parc Fermé, et passage sur le podium de départ... qu'Augustin Cochin est obligé de contourner : sa Merco est trop basse !  Ça n'empêche pas l'émotion de cet instant privilégié. Un dernier salut à celles et ceux qui sont restés pour le vivre, pendant que d'autres sont partis depuis longtemps se trouver le super endroit qu'ils ne veulent pas louper dans les secteurs chronométrés.

Anne-Marie et moi, casqués, sanglés, radio connectée, nous trouvons au départ de l' ES 1 : COL DE NOVELLA 

NOOOOOOON   !!!!!!!!               500 mètres ! J'ai à peine parcouru 500  mètres que le moteur coupe et s'éteint dès la 1ère épingle !

P....N  de B....L de M...E de N.M de D...U de F.....E    !!!!!!!  

Mais je suis maudit, moi ! 

Et c'est encore ce foutu allumage qui s'est cassé. Le rotor est en deux morceaux et a même cassé le couvercle qui le coiffe.   Avec le mince outillage de bord, nous arrivons à la faire repartir à plusieurs reprises et nous traîner un peu plus loin, avant de nous arrêter à nouveau... pendant que passent un à un les équipages partis derrière nous. Le plus incroyable ? Lors de notre premier arrêt, nous voyons une autre 2002, conduite par des Belges, en rade 50 m plus bas que nous !  Les spectateurs présents verront cet improbable spectacle de deux BMW du même type en panne à quelques dizaines de mètres l'une de l'autre, capot levé, misérables...

Le coup de grâce nous sera donné lorsque nous verrons passer les Belges quelques minutes plus tard, moteur rugissant... Son pilote m'apprendra plus tard avoir déjà connu cette panne, il avait un autre allumeur à bord par précaution... Encore plus dingue ? Une 3ème 2002, menée par des Corses, a connu la même mésaventure. Eux aussi avaient un autre allumeur à bord... Cette fois, le doute n'est plus permis : il y a un "loup" sur les 2002, qui les conduit irrémédiablement à la panne rapide et définitive. Le plus difficile consistera à l'identifier de façon formelle, mais ce sera pour plus tard. En attendant... en attendant , le temps s'écoule dramatiquement. Le rallye VHRS, qui nous suit , égrène d'autres concurrents. Cette fois, nous sommes arrêtés devant un poste de contrôleurs. Ils me demandent si je vais arriver à réparer (la bonne blague !) et si je souhaite abandonner.         Pas question !

Ils appellent le PC Course pour leur faire connaître ma décision de repartir en Super Rallye... mais ils m'interdisent de reprendre la route au prétexte que je pourrais géner les autres. Parce que les VHRS n'ont jamais d'emmerdes, peut-être ? Je suis dans un tel état de fureur que ce n'est pas le moment de venir me demander l'heure. J'ai une forte envie de faire avaler ses dents au contrôleur qui ne veut rien savoir. Mais c'est un officiel. Je ne peux que m'incliner. Si je passe outre, c'est le retrait de licence assuré, et autres désagréments.

Nous sortirons péniblement de la Spéciale au ralenti et suivis par la voiture-balai. Mathieu est venu à notre rencontre et fait une réparation temporaire qui nous permet de nous rendre à l'ES suivante. Mais l' addition est lourde, très lourde. Le  super-rallye nous permet de rester en course, mais son tarif est élevé : 10 Heures de pénalité + 5 minutes forfaitaires par ES non disputées. C'est donc lestés de 10 H 05 mn que nous poursuivrons, et bien entendu classés derniers !

La suite va nous réserver une autre mauvaise surprise.  D'abord, arrivant à l'assistance, mes nerfs lâchent : 3 rallies d'affilée où je suis en rade dès le départ, où je ne peux pas me concentrer sur la course, où je ne peux concourir normalement, où je ne peux me battre contre un chronomètre ou un adversaire ! Là, il faut que ça sorte... Il vaut mieux d'ailleurs, sans quoi je laisserais tout tomber et me contenterais de laisser cette saleté de bagnole au bord de la route, avec un panneau A VENDRE CAUSE RETRAITE.

Vous pensez bien que je me contente de rouler sans  attaquer, totalement démotivé, en dépit des efforts d'Anne Marie pour me remettre dedans.

Nous nous trouvons dans une ES dont la route est défoncée à certains endroits.  En descente, une marche survient. Nous entendons un PLAK  et le moteur perd sa puissance immédiatemment, puis s'étouffe. On aura compris : échappement écrasé. Je ne roulais pourtant pas  très vite, mais la cassure était importante. La BM ne touchait jamais dans des conditions identiques avant que je ne fasse monter le nouveau tube au diamètre plus important... Est-ce suffisant ? Enigme. On s'amuse un p'tit moment à lever la voiture avec le cric de bord, puis à caler l'auto avec des pierres...et nous ne voyons... RIEN !  Rien de rien. Le tube semble intact. Plus tard Mathieu, avec de gros rouleurs pourra la lever assez pour qu'on s'apercoive que TOUT l'échappement a reculé, écrasant effectivement le tube à un endroit que nous ne pouvions atteindre, au niveau du col de cygne passant au dessus de l'arbre de transmission.

3 Heures d'assistance sont prévues le soir à St Florent.  Pour l'atteindre, nous devrons démonter l'échappement en totalité... Et faire ainsi plus de 80 kms de liaison en échappement libre, avec un moteur marchant sur 3 cylindres, hoquetant. Anne Marie m'a même confectionné des bouchons d'oreille avec un Kleenex, tant le bruit est infernal...  Et la BM tombe encore en rade à 4 kms du but !  Cette fois, c'est une... panne d'essence !

Enfin, nous rejoignons les autres à la nuit tombée. Patrice étant arrivé depuis belle lurette, la maintenance sur la Talbot est quasi terminée. Bruno a tout préparé, et là, c'est beau à voir : Bruno est plongé dans le capot-moteur et s'occupe de l'allumage. Mathieu s'est jeté sous la voiture pour l'échappement. Pas de cris, d'énervement. Ils sont d'un calme imperturbable, précis dans leurs gestes et ne se gênent pas l'un l'autre...

Nous partons leur acheter des pizzas... et du pinard ! Je vais m'en jeter quelques godets car j'en ai un peu besoin, vous l'imaginez. Les amis Annick, Thierry, Chantal sont là, les épouses Michelle, Béate et Nathalie aussi.Tous essaient de me remonter le moral. Bruno voit bien que je fais la gueule. Lui non plus ne comprend pas, car cet allumeur était NEUF...  Je suis là à remâcher ma déception et mon écoeurement lorque soudain, j'entends : "Gilles, tu vas pouvoir faire un essai sur la route." Hein ? Rien vu, rien compris...

Je pars faire un ou deux allers-retours et... incroyable : ça tourne rond !  L'échappement fait de nouveau son bruit habituel et le moteur tourne sur ses 4 cylindres ! Comment ont -ils fait ???  Je fais quand même gaffe, car je me suis aperçu peu avant que mes phares, en dépit d'ampoules de 100 W, éclairent très mal : j'ai une grosse ombre noire sur l'avant gauche, et comme j'y vois pouic la nuit... Les cuvelages de phares ont dû vieillir et je ne m'en suis pas aperçu, roulant d'habitude avec les phares supplémentaires. Ici, toutes les ES se courant de jour, on les a démontés. On va enfin se coucher, complètement vidés par les péripéties vécues aujourd'hui. Demain sera un autre jour.          Meilleur ?

Le 2ème jour, départ de St Florent.  Avec 4 ES au programme, contre 5 la veille. Je parcours les deux premières mollement, sans aucun enthousiasme ni aucune confiance en la voiture.Bruno a installé un autre allumeur, emprunté à la Lotus. Patrice n'en a pas besoin car disposant d'un autre modèle. Celui qu'il m'a installé est plus léger, et a aussi moins de "balourd". Bruno , par manque de temps la veille, a fait un réglage "au pif" et m'assure que cela tiendra, me promettant de faire le soir un réglage plus affiné au stroboscope. Mais je n'y crois pas, m'attendant à tout moment à une nouvelle panne. J'ai décidé de ne tirer que 5000 t/m toute la journée. Je me fous de la course et des chronos, n'ayant plus rien à faire qu'éviter de tomber à nouveau en rade... Faire du rallye dans ces conditions..autant rester chez soi à regarder Eurosport ou Motors TV. Ca coûte moins cher et si on est déçu du spectacle, on peut couper le poste... 

Vous me trouvez amer ou défaitiste ? Mais personne ne peut se mettre à ma place, n'ayant pas vécu ce que je vis depuis un an. D'autres que moi auraient probablement laissé tomber depuis longtemps. Plus d'un an que je balade cette foutue caisse d'un garage à l'autre, payant de lourdes factures sans aucun résultat, sans amusement. De plus, comme je dois me contenter de simplement la faire MARCHER, ma caisse n'évolue pas au contraire des autres et se trouve de plus en plus dépassée. Cela fait longtemps que je suis conscient d'être condamné à reculer de plus en plus aux classements... mais si vous occupiez à répétition la dernière place dès le départ des courses, je pense que vous aussi en auriez votre "claque", non ?

Les 2 ES du matin nous ont amené pour un regroupement à LA PORTA. Le contrôle horaire est située devant la mythique et belle église que nous voyons en photo depuis tant d'années. Endroit et atmosphère magiques, s'il en est.  Là, je repense à la prière que j'ai faite à N.D. de La Porta pendant les recos, lui demandant de me faire aller au bout du rallye. J'aurais dû préciser à la Madone : NORMALEMENT !      Une 3ème ES disputée à ce faible rythme, et jusque là la BM tient...

Se profile alors la dernière de la journée, le morceau de choix que je n'aurais voulu manquer pour rien au monde : 

N.D.  DE LA SERA!!!

Entre Calvi et Galeria, 28 km d'une route bordée d'ajoncs, serpentant entre le rocher et la mer d'un bleu profond, alternant le sinueux et le rapide à une cadence très soutenue :  MA -GNI - FI- QUE  !!!   Une des plus belles Spéciales que j'aie jamais vues... Dès le passage de reco, je suis tombé sous le charme. Je ne connais qu'un équivalent au paysage féerique qui s'offre à nous :  Whampa-Coast en Nouvelle Zélande, que les concurrents de Championnat du Monde citent toujours comme un "must "...

Sachant que c'est la dernière ES avant l'étape de Porto, j'ai prévenu Bruno que j'allais prendre 500 tours de plus, soit 5500 t/m, quitte à ce que ça recasse, car celle là, j'ai  trop envie de m'y faire plaisir.  Si l'allumage refait des siennes, l'assistance me le refera, et qu'est-ce que j'ai à perdre ? Rien. Je l'avais annoncé avant aux copains :  je vais envoyer du  "lourd", et c'est ce que je fais. Anne-Marie s'en était doutée pendant notre passage en recos avec la 207. "Celle-ci, tu as l'air de bien la sentir" m'avait-elle dit.  Si je la sens bien ?  Un pur plaisir de pilotage, oui !  Ah, bon sang, les amis, je vous souhaite à tous de ressentir un jour le bonheur que j'ai eu à ce moment-là !  C'est indescriptible... Anne-Marie se prend au jeu, "claque" les notes fermement, tandis que je relance la BM de mieux en mieux : je le "sens" et ça s'entend : lorsque je rétrograde entre les rochers, l'échappement lâche un énorme "POM !" dû à l'accumulation des gaz.

Un bonheur qui serait complet... si d'un coup je ne voyais pas arriver l'Ascona I 2000 d'Alain Muller, avec le fiston à bord !!  M...E !  Moi qui croyais avancer à ce moment...?  On est dans du rapide, et une partie plus sinueuse va arriver. Muller est, à cet instant, en tête du "Classic" (et vainqueur l'an dernier) et il défend sa place face à Mondron, à bord d'une Porsche Kronos, qui le remonte depuis le matin... Aucune raison de le retarder, je le laisse passer immédiatemment mais vexé quand même, décide de m'accrocher autant que je peux. Tant que nous restons dans le serré, il ne s'en va pas. A environ trois kilomètres de l'arrivée, la route redevient plus rapide... et l'Opel disparaît de notre vue en 4 virages, sans que je puisse rien faire ! Ça calme... Toutefois, quelque chose d'inattendu m'attend à Porto : je retrouve Alain Muller et m'apprête à le féliciter mais il me précède : "Oh, Gilles, qu'est-ce que tu envoyais tout à l'heure...!". Compris. J'ai droit au foutage de gueule en prime !... Pas du tout ! Devant mon air incrédule, il poursuit "Mais je te le  jure ! J'ai mis un paquet de temps à te rattraper, et quand tu m'a laissé passer, je n'arrivais pas à te décoller, sauf sur la fin". Ah, ben ? Il a l'air sincère ?   Plus tard, Olivier m'apprendra au téléphone que j'ai fait le meilleur temps des 2002, Christian me confirme aussi que j'ai fait un très bon temps... Alors ?

Alors, plusieurs choses peuvent expliquer cette différence : Alain Muller était là depuis une semaine, et avait beaucoup reconnu. Il connaissait déjà pas mal, puisque concurrent l'an dernier. Et nous n'étions passé qu'une seule fois pour notre part. Surtout, nous avions discuté en début de séjour. Il m'avait expliqué ce qu'était sa voiture, construite et arceautée à partir d'une coque neuve... me disant aussi qu'il avait un TRES gros moteur dedans...et moi : "Ah bon ? Mais tu as combien dedans ? 200 CH ?"   Muller : "Oh, non... Beaucoup, beaucoup plus !!". Ce sont ses propres paroles.  Moi : "Ça veut dire combien ?"   Lui : "Mon préparateur ne veut pas que j'en parle trop".   Ben, si c'est beaucoup plus, c'est tout simplement l'équivalent d' une Ascona 400 ou pas loin !  

Ca nous ramène à ce que j'expliquais plus haut, sur les anomalies que l'on constate de plus en plus dans le VH. Une caisse comme celle de Muller vaut - au bas mot - 2,5 secondes au kilomètre de moins que la 2002. La mienne n'est pas une Maxi, loin de là, puisque le banc-moteur nous a appris que j'ai un peu plus de 160 CH (Je connais une 2002 qui en sort 210). Mais tout de même... Je pense qu'à l'époque  une Ascona était tout au plus 0,5 à 1 sec. au kil.plus rapide qu'une 2002... l n'empêche que je n'aurais pas dû  voir arriver Muller. Le Classic étant une autre course, il aurait dû être lâché 5 mns après moi, comme dans les autres Spéciales. Quoique je viens de voir les reportages du TdC dans la presse spécialisée, et me suis aperçu que les Classic sont normalement classés au Scratch...

J'aimerais qu'on m'explique.

Tant qu'on y est pour expliquer les importantes différences chronométriques, une autre chose est à signaler : dans plusieurs Spéciales traversant des villages nous avons trouvé des ralentisseurs, aussi bien des "coussins lyonnais" que des "gendarmes couchés" en béton. Sur les " coussins lyonnais" je me contentais de lever le pied sans trop ralentir. Mais sur les "gendarmes couchés", je freinais à mort , passais la 1ère , et ne ré-accélérais qu'une fois les roues arrières passées. On peut estimer au moins à une dizaine de secondes la perte de temps, pour chaque ralentisseur, entre le freinage, le passage et la reprise de vitesse. Dans certains villages, il y en avait 4 à 5... Eh bien sachez que des voitures comme la Talbot de Patrice peuvent passer à fond absolu !  Il se contente de les prendre de côté et passe sur 2 roues. Sa voiture est dotée d'un gros pont, de surcroît renforcé par une épaisse plaque d'inox, car c'est un pont rigide. Impossible d'en faire autant sur la 2002.  Faites l'addition pour 4 ralentisseurs et vous comprendrez la différence... Une chose est sûre : si j'avais tenté la chose, je ne crois pas que ma transmission aurait tenu le coup...

Enfin, il faut noter l'arrivée de Pirelli dans le monde du VH pour lequel ce manufacturier a réalisé une gamme complète. Certains concurrents  affirmaient que ces pneus leur faisaient gagner 1 pleine seconde au kilomètre !  Vrai ? Faux ? Les avis seront forcément partagés d'un châssis à l'autre. Mais il y a une chose pour laquelle tout le monde sera d'accord : ils sont encore plus chers que les Michelin (20%, m'a t-on dit !).

Vous avez demandé l'inflation ?  Ne quittez pas !  ........... tut - tut - tut .............

Un qui n'était pas convaincu de l'apport des Pirelli, c'est Régis.  Mort de rire à l'arrivée de plusieurs chronos, il nous disait, parlant d'Augustin : "du Drift !  Il me fait du Drift !"  C'est vrai qu'il faut voir la Merco en glisse sinusoîdale à l'accélération pour comprendre. Mais nous l'avons vue, lorsque nous étions en panne, en sortie d'épingle : ça ne fait pas semblant de pousser ! Et son chassis semble bien plus à l'aise qu'on ne pourrait le croire. Ses chronos le prouvent. Cependant Régis ne semble pas avoir ressenti de différence notable avec d'autres pneus.              Seul , le chrono est juge...

Réflexion identique pour des autos comme la Jaguar MK II orange d'Abel de Libran, qui expliquait que l'aspect pataud, voire vieillot de son auto était trompeur. Pour l'avoir vu passer, je vous certifie que c'est vrai.

Autre sujet d'étonnement de ma part, toujours lorsque nous étions en panne : les Citroën engagées par le team Daunat. J'ai pu voir une DS 19 s'extirper de l'épingle comme je n'avais jamais vu le faire... Mais quand on sait que 200 CH se trouvent sous le capot... Encore mieux : était engagée une SM Proto, raccourcie, hyper allégée et "arrachant" d'enfer... Quand j'ai appris que le moteur n'était pas le V6 Maserati préparé, mais carrément celui des Ligier qui ont couru le Tour Auto, j'ai mieux compris !  Sa musique aurait dû me mettre sur la voie... On n'a jamais entendu une SM prendre les tours comme ça. Ça fait de l'effet, vous pouvez me croire !

Mais il n'y a pas que des autos qui m'ont fait de l'impression. Certains pilotes aussi. Je me suis retrouvé à un certain moment partir derrière Chiaravita, engagé cette fois avec la même Alfa que notre ami Lolo (il court avec plusieurs autos différentes). Je savais qu'il avancait fort mais avec l'Alfa, j'avoue avoir été surpris. Regardez ses temps dans certains chronos... Lolo, t'as plus qu'à faire pareil ! Facile !

Idem pour Henry Cochin, sur Berlinette A110. Vous connaissez sa particularité ? Il demande à son navigateur de fermer sa gueule, de n'annoncer aucune note, et il fait tout à vue !  Et il est à l'arrivée, 17ème Scratch, sans une éraflure !  Le copi n'est là que pour lui lire le road book. Il roulait cette année avec un ancien pilote de circuit, bien connu en son temps,  notamment en F3 :  Gilles Lempereur.

Le rallye se poursuit, réservant aux uns et aux autres son lot de bonnes et parfois mauvaises surprises. Cette fois c'est Patrice qui en est victime. Jusque là très bien placé, réalisant d'excellents chronos, il allait entrer dans les 20 premiers. Mais son alternateur lui a joué un mauvais tour, lui faisant perdre 44 minutes. Réussissant  non sans mal  à s'extirper de l'ES où il se trouvait, il arrive à rejoindre péniblement l'assistance. De surcroît, son échappement est cassé, nécessitant une soudure. Et les soucis électriques vont perdurer jusqu'à l'arrivée, en dépit des efforts de Bruno et du montage d'un autre alternateur.

Pour moi, nouvelle frayeur : dans une liaison en descente, nous commençons à entendre un "Brrrrrr" suspect et intermittent. Oh, que je n'aime pas ça... Nous prenons cependant le départ de l'ES suivante.  4 ou 5 virages et " BRRRRRRRR" ! Je lève le pied, et tente d'aller au bout de la Spéciale sur des oeufs à 2500, 3000 t/m : le bruit se fait plus entendre d'un côté que de l'autre. Quel dommage ! Cette Spéciale, sur 14 kms , était si belle ! Comme N.D. de la Sera, je la sentais bien et aurais tant voulu m'y défoncer... Le plus surprenant est que personne ne nous a rattrapé, sans qu'aucune interruption de course n'ait eu lieu ? Sur la liaison qui nous mène à l'assistance, je me pose de grosses questions. Anne-Marie le sent bien et me dit : "Gilles, je crois savoir ce que c'est... depuis hier on a un support-moteur cassé."    "Hein ? Mais pourquoi je n'en savais rien ?" "Pour ne pas t'inquiéter les gars t'ont sanglé le moteur, pensant que ça tiendrait, et ne l'ont dit qu'à moi." J'en suis baba ! Bruno lève l'auto sur chandelles dès que nous arrivons et... c'est pas ça du tout ! Un boulon de l'arbre de transmission s'est desserré et vient frotter sur la tige de levier de vitesses. Un simple serrage suffit , et on en parle plus ! Ca avive mes regrets de n'avoir pu attaquer dans celle que j'avais classée en 2ème au palmarès de mes ES préférées... Au moins, j'aurai appris que j'ai un moteur sanglé depuis la veille !

Bon an  mal an nous attaquons les 3ème puis 4ème jour de course. Et ma caisse va de mieux en mieux. En effet, j'étais prévenu par Bruno que le moteur, muni de pièces nouvelles en interne , allait se "libérer" au fur et à mesure, ce que nous ressentons bien à bord. Les montées en régime sont plus franches et comme l'auto me laisse enfin tranquille côté pannes, j'ai commencé à prendre du 6000t/m. Du coup, nous nous amusons plus. Dans une ES dont la fin se fait en descente en 4ème et en 5ème sur plusieurs kilomètres (on est largement au dessus de 150 km/h par endroits) je prends un grand plaisir à placer l'auto en glissades à plat. La BM se comporte bien dans ces conditions et j'aime bien le rapide. A un moment je souris car j'entends Anne-Marie faire "Wou-Hou-Hou" ! Elle aussi s'est prise au jeu ! Trop drôle ! 

Dans Ghisoni - Abbazzia, c'est autre chose. C'est celle que nous avons reconnue de nuit, sous la pluie et dans le brouillard. A 20 ou 30 à l'heure, elle m'avait paru interminable. Longue de presque 29 km, les repères sont peu nombreux et on ne se voit pas avancer. Je n'ai quasiment rien mémorisé, et rien d'autre à faire que de me fier aux notes. Peu enthousiaste, je me dis toutefois que plus vite je l'aurais parcourue, plus vite j'en aurai terminé. Y en a là dedans, pas vrai ? Et on y va franco. Ca se passe bien pendant un bon moment. Vers les 2/3 du parcours, on traverse un village dans lequel se trouve un piège, qu'Anne-Marie m'annonce parfaitement bien, mais qu'on ne voit qu'au tout dernier moment : c'est un droite très serré en descente, placé sur une fourche dont l'autre dent, à droite aussi, est barrée par du rubalise. Et je m'engouffre dessous ! Oh, pas loin. Jusqu'au parebrise. Marche arrière,  après 10 ou 15 secondes perdues,  je repars de plus belle jusqu'à l'arrivée.  Bien plus tard, Pascal m'apprend qu' ils sont sortis à ce même endroit, y cassant le capot de la 037, et surtout que J-Claude Torre s'y est également mis avec la 5 Turbo. Quand on sait que Torre est probablement le recordman du nombre de participations au TdC, c'est qu'il y avait bien un piège ! Et eux arrivaient plus vite, les imprudents ! 

Je roule encore assez vite dans l'avant-dernière et... Mais oui ! C'est la dernière : Aîti ! Pas question de faire l'andouille. 

Le début est assez propre et sans pièges. Sortant d'un virage, je vois quelques personnes les bras levés et Anne-Marie m'annonce : "il y avait Pascal au bord de la route..." M...E !  Que s'est-il passé ? Panne ? Sortie de route ?  Plus loin, Anne-Marie me dit qu'on ne voyait que l'aileron arrière de la Lancia dépasser d'un chemin en contrebas... A l'arrivée, je retrouve Pascal. Il m'apprend qu'une suspension arrière a cassé, entrainant une sortie... Triste, car ils étaient très bien classés. Je lui dis que je ne l'ai pas vu à ce moment, noyé dans le public. Et Pascal, hilare: " Mais moi je t'ai bien vu ! Ca faisait une quinzaine de caisses qui passaient, si doucement qu'on croyait que le VHRS avait commencé ! Et puis tu es passé si fort que je gueulais : NON ? C'est pas LA BM ? MA BM qui avance comme ça ?" Morts de rire ! Surtout quand je lui ai dit la vérité :  je n'avançais qu'au début, quand c'était propre. Mais les 2/3 de cette dernière ES étaient pourris, pleins de terre et défoncés avec une descente super piégeuse pour finir. Là, j'ai tout lâché. Avec le paquet d'em.....ments qu'on s'était payés, je ne risquais pas de faire le malin.

ON TERMINE CE TOUR ! a été le mot d'ordre jusqu'à Ile Rousse . 

J'ai d'ailleurs été surpris du choix de ce dernier chrono. Nous n'avions vu jusque là que de beaux tracés. Et cette dernière ES ne ressemblait en rien aux autres, tant elle était piègeuse. Je dirais même vicieuse. Loubet et Andreani l'ont-ils choisie exprès, au cas où il y aurait eu de la grosse bagarre au Scratch jusqu'au bout ? En ce cas, c'est réussi. Aïti, c'est ça passe ou ça casse. Si ça passe , ça doit faire un gros écart au chrono pour celui qui y prend tous les risques... Si ça casse c'est le trou assuré et l'abandon... Une chose est sûre : impossible d'y faire un temps avec un seul passage de recos. Vraiment dangereux. 

La dernière liaison nous ramène sur Ile Rousse où nous attend le Parc d'arrivée. Nous savons que Patrice a pu finir l'ES. Bruno nous attend pour une ultime assistance et Mathieu nous rejoint aussi. Donc, si la Talbot fait encore des siennes côté électrique, on est un paquet à pouvoir, soit brancher des câbles, soit le pousser. Qu'elle le veuille ou pas, elle rentrera au Parc, nom d'une pipe à eau ! Auparavant arrêtés  à l'assistance sur une ligne droite, nous voyons passer "à fond les ballons" une 308 GTB blanche et je dis à Anne-Marie : "tiens, LÀ, il avance !"... en ligne droite et en liaison, j'en étais sûr... Ah oui... Je ne vous en ai pas encore parlé, de celui- là :

Au départ d'une ES, je me retrouve avec cette Fé-fé derrière moi. Partant au pointage, le copilote s'arrête à notre niveau et nous dit : "si on te rattrape, sois gentil de ne pas nous gêner comme tu l'as fait hier".  Stupéfaction de ma part !  Anne-Marie, qui a entendu, se penche et répond : "tu dois confondre, on ne vous a jamais vus". Alors, il se recule, regarde mieux ma caisse et fait : "Ah oui... C'est pas la même. C'est une autre blanche et bleue". Je lui dis : "Tu confonds avec celle des Belges". "Oui, c'est ça, ils nous ont drôlement gênés". 

Partant dans l'ES qui est longue, Anne-Marie se rend vite compte que je ne l'écoute pas. "On a un problème ?" me dit-elle. Ah oui, on a un problème !  Le crétin diplômé que je suis passe son temps à regarder son rétroviseur au lieu d'écouter les notes, pour ne pas gêner L'AVION, au cas où il me remonterait... Je me suis bien dit que s'il est derrière moi c'est qu'il a eu des soucis mécaniques puisque sa caisse est intacte. Mais qu'il veut peut-être faire péter des temps, ce qui est son droit. Anne-Marie me recadre, je me reconcentre sur ma route, et on en finit avec la Spéciale. Après le contrôle d'arrivée, je reste à regarder mon rétro, compte les secondes, ne le vois toujours pas, mais Anne-Marie me dit que nous n'avons pas trop de temps d'assistance et qu'il faut encore trouver Mathieu. Je m'exécute et repars... sans avoir vu arriver THE pilote... Quel âne mais quel ÂNE  !!!  Je me giflerais de m'être fait intoxiquer comme l'abruti que je suis ! Je dis à Anne-Marie, furax contre moi-même : "Ne t'inquiète pas pour les Spéciales suivantes, j'ai compris la leçon (mais un peu tard, comme dit la fable). S'il arrive derrière moi il se démerdera pour passer". En disant ça, je suis bien certain que ça n'arrivera pas. Effectivement, on ne l'a jamais vu. Pour être franc, aujourd'hui encore, je ne me  suis pas pardonné de m'être fait enfumer par ce baltringue. Faudra beaucoup de mie de pain pour le faire passer... On n'a pas idée d'être aussi con, on devrait m'exposer dans une foire, les gens paieraient pour voir ça... ou alors me nommer au gouvernement : j'ai le niveau requis.

 

Les autos remisées au Parc fermé d'arrivée, après passage au podium où nous retrouvons tout le monde avec une banane "comme ça", Thierry nous donne le mot de la fin en exhibant un tee-shirt où il est écrit : ÇA, C'EST FAIT  ! Embrassades générales, photos- souvenirs, rigolades en se racontant les dernières du jour, on se tombe dans les bras avec Anne-Marie. J'en ai même oublié un temps ma déception  car on est quand même heureux d'étre allés au bout de ce magnifique rallye où nous avons vécu et vu tant de belles choses. J'aurais plein de trucs à raconter à Dolka ! (mon chienchien)

En tous cas , Patrice et moi pouvons chaudement remercier Bruno et Mathieu, qui ont fait un boulot fantastique pour que la Talbot-Lotus et la BMW voient la ligne d'arrivée. On est fiers d'être allés au bout, mais c'est largement grâce à eux. 

Evidemment, beuverie générale le soir... pour nous préparer à la remise des prix du lendemain !  Disons-le : ils ont bien fait les choses les Corses. Buffet copieux et boissons à profusion.Toutefois, j'ai cherché en vain un Fanta orange...

La remise des prix contiendra son lot d'émotions, notamment lorsque sera reconstitué le podium du TdC 1972 avec J.C. Andruet, B. Fiorentino et J.P. Manzagol. Ces grands pilotes étaient tous concurrents cette année et on peut vous assurer qu'ils n'ont rien perdu de leur talent 40 ans plus tard.

 

Je vous ai promis de parler de ce qui se prépare pour l'an prochain  :

Tenez vous bien ! C'est tout simplement la participation de... LA MATRA MS 650 avec Henri Pescarolo himself au volant !!!

Cette fabuleuse barquette bi-place, issue des 24 H du Mans, avait été spécialement adaptée pour le Tour de France Auto, qu'elle a gagné deux fois. Il est évident qu'elle avait reçu des rehausses de suspension pour disputer les épreuves routières sous peine de tout casser en quelques kilomètres. Cependant elle n'a jamais couru en Corse. 'Faudra peut-être rehausser encore un petit peu... Mais la sirène du V12 Matra dans le maquis... MMMMMH  !!!

Et une autre surprise se prépare avec un ancien vainqueur du TdC, voici une trentaine d'années. C'est en discussion. Chuuut... Ça donnerait envie d'y retourner l'an prochain...

 

Je m'aperçois que je ne vous ai pas parlé des "vacances" de Nathalie.  Vous vous rappelez du Corsica 2008, relaté dans une autre chronique ? TOUT PAREIL !      RA-VIE, la Nath !  Fourgon à bagages, transport d'handicapée (hein, Beate ? LOL !), ravitailleuse, agent de liaison, Indiana Jones en Murano avec le concours de Régis, distributrice de bisous... Allez , je blague !  Elle a vu de beaux paysages, a fait plein de photos et fims, s'est pavanée dans des hôtels de luxe, a adopté des p'tits cochons, et a rigolé tout le temps... ET ELLE SE PLAINDRAIT ? Le rêve... Ben quoi, bibiche ?  Non ! Lâche ce rouleau à pâtisserie, s'il te plait...   aïe !

 


Un petit aparté : le 18 Septembre, ANNIE SOISBAULT, Marquise de Montaigu, figure du TdC, s'est éteinte. Championne de Tennis accomplie (finaliste à Wimbledon en 53), un trophée à son nom a été créé (le championnat d'Europe des jeunes filles de moins de 18 ans). Venue au rallye sous l'impulsion de Jojo Houel, elle a fait une brillante carrière, elle fût une des toutes premières femmes pilotes d'usine françaises (chez Triumph). Le Tour Auto et le Tour de Corse ont été le théâtre de ses nombreux succès. Elle a été, à ma connaissance, une des seules femmes ayant couru sur Ferrari 250 GTO et 250 LM.  Je l'ai souvent rencontrée à St Tropez, où elle venait tous les ans. Une fêtarde toujours très classe... Elle fait partie de celles qui ont beaucoup œuvré à l'émancipation de la femme.

 

 

Bon, alors pendant qu'on ramait en Corse, qu'a t'il fait notre Christian ? Bronzer au bord de sa piscine, comme d'hab ? Ronchonnant de ne pas pouvoir courir au Corse comme les grandes personnes, il s'est engagé au :

RALLYE DE L'ESCARENE - 15 et 16 SEPTEMBRE : 

Le temps de disputer 1 ES, il est contraint à l'abandon dès la 2ème, transmission refusant tout service. Le tripode de l'arbre de transmission a cédé, causant des dommages au flector. Ça lui aurait fait passer le temps pendant qu'on était dans l’Île de Beauté mais là, c'était franchement trop court. C'est pourquoi il a décidé d'insister au :

 

RALLYE D' ANTIBES - 13 et 14 OCTOBRE : 

Là, Christian et Anne connaissent très bien, et si vous vous en souvenez, y ont déjà réussi de gros résultats. L'Alfetta a été révisée. Le souci de transmission de l'Escarène ne devrait plus se reproduire.

L'Antibes commence traditionnellement par le Col de Bleine, sur 25 km. La Spéciale se déroule très bien mais en vue de l'arrivée, Christian sent le moteur perdre sa puissance. Cherchant ce qui peut se passer, il lève les yeux vers son rétroviseur et aperçoit un vilain panache de fumée... Il comprend qu'aller plus loin entraînerait des dégâts importants et décide sagement de se ranger au bord de la route, sans même sortir de l' ES...

L'examen ultérieur de son auto révèlera que le V6 a été doté de... 2 joints de culasse différents, dont 1 est de série ! C'est bien sûr celui qui a claqué. Christian, mécontent à juste titre, demande une explication à son actuel préparateur, puis à l'ancien. Peine perdue, chacun se renvoyant la balle. Le discours du "c'est pas moi, c'est l'autre" m'est habituellement réservé, mais Christian, par solidarité avec moi, en a pris sa part... Il reste qu'on ne saura probablement jamais qui a fait la faute. Mais on sait toujours très bien, par contre, qui en paie les conséquences.

 

 

Voilà, chers amis, qui vous explique le titre lapidaire de cette chronique. Comme vous avez pu le lire, nous n'avons pas été épargnés par les aléas de la mécanique. On a beau essayer de tout faire pour que nos autos soient bien préparées, celles-ci ne nous rendent pas toujours le soin que l'on prend d'elles.

C'est l'occasion de se rappeler qu' "automobile" c'est féminin. Donc, ce sont des fiiiiiiilles !!!

Nous avons cependant décidé de ne pas rester sur une mauvaise note. C'est pourquoi vous nous retrouverez fin novembre au Rallye du Var où Christian et moi serons navigués par Anne et Anne-Marie qui, elles aussi, sont des fiiiiiiilles !

Nous espérons enfin conjurer le sort et que Patrice nous aura montré la voie. En effet, il a disputé le Critérium des Cévennes, couru dans des conditions météo apocalyptiques, de surcroît sans phares ni essuie-glaces le 1er jour et y a signé une magnifique 4ème place Scratch !  Un grand Bravo pour cette performance !


PACE E SALUTE !

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

    

 

Commentaires (2)

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2. christian 18/11/2012

excellent comme d'hab
espérons que les "filles" seront bien "disposées" ce w.e

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